Jour 5 : Cameron – Page/Lone rock

Lone Rock

Lone Rock

Fidèle à notre nouvelle tactique, on se lève tôt, un peu après 6h. Petit dej aux pan-cakes devant un petit canyon… le pré-sentiment de la veille était bon. Vue super sympa mais repas rapide car il fait super froid malgré le soleil.

Hier soir on a pris la décision de faire le grand tour en allant jusqu’à Moab. Ca fait 650 km de plus mais pouvait-on ne pas y aller ? Une fois la décision prise, la prochaine étape était donc Page et le lac Powell.

Lower Antelope Canyon

Lower Antelope Canyon

On arrive à Page après seulement 1h30 de route. On y fait une pause pour aller visiter le Lower Antelope Canyon. Un peu cher pour 1h15 de visite mais c’est une très belle surprise. On se gare sur un parking où seule une petite cabane en bois émerge de cette étendue en terre battue rouge et poussiéreuse. Etant en terre Navajo, nous sommes évidement accueilli par des indiens.

La visite commence par la descente de quelques marches d’une échelle entre les fentes d’un canyon. On se retrouve aussitôt quelques mètres sous la surface à contempler des formes magnifiques sculptées dans le sable. Les jeux d’ombres et de lumières sont de toute beauté. Encore une fois on est surpris par le décalage entre le parking et le lieu visité. Rien à la surface ne nous prépare à un tel spectacle.

Chaque pas nous transporte vers une nouvelle photo à prendre. Chaque détour donne lieu à une nouvelle vision qui ressemble à la précédente mais qui en même temps est complètement différente. On ne se lasse pas de cette balade de plus d’1h15. Pierre a adoré, il en profité pour jouer, escalader, faire des glissages… une aire de jeu gigantesque.

On s’est également fait squatter notre appareil photo par la guide Navajo qui s’est fait plaisir à photographier le site sous tous les angles. Elle le connait par cœur, du coup le rendu de ses photos est magnifique.

Lower Antelope Canyon

Lower Antelope Canyon

On repart après cet interlude en direction de Lone Rock. Céline a vue dans le routard qu’on pouvait se poser sur une des plages du lac Powell. On arrive sur le site après quelques dizaines de minutes et c’est une véritable claque… encore ! La vue est magnifique. Entre eau, sable et rochers, le spectacle est grandiose.

Si si c'est un camping !

Si si c’est un camping !

On descend le chemin menant à la plage avec précaution car il y a beaucoup de sable… un peu trop d’ailleurs car on a fini par s’ensabler. Scott, qui est installé juste à côté vient nous donner un coup de main avec sa Jeep. Sympa avec moi, il me dit que je ne suis pas le premier et qu’il aide régulièrement les gens à se désensabler. Il nous conseil donc sur le lieu où stationner pour ne pas recommencer l’aventure ! Une fois pausé, on décide de ne plus repartir de la journée. Aujourd’hui on profite du lac Powell.

Cette longue pause est l’occasion de se faire un bon gros steak de bœuf au barbecue. Pierre lui passera la journée dans l’eau. Autant il déteste la mer, autant il a adoré rester ici à jouer dans le lac.

Lone Rock... Lone Peter

Lone Rock… Lone Peter

Scott est revenu me voir pour m’indiquer le chemin de la sortie afin d’éviter de m’ensabler à nouveau. On en profite pour discuter un peu. Il vient du Colorado, état voisin, il est retraité, vient souvent ici et reste au moins jusqu’à lundi (on est vendredi)… j’enregistre l’info. Si j’ai un problème pour repartir demain, il sera toujours là pour m’aider !

La journée passe très vite. Quelques photos, un peu de ramassage de bois pour le feu du soir et la fin de journée est là. On profite tranquillement du couché de soleil avec de belles couleurs sur l’eau et les rochers. On allume le feu dès l’arrivée du crépuscule pour le plaisir, mais aussi pour nous réchauffer. Il fait encore très froid ce soir.

On termine la soirée par une petite séance d’observation des étoiles… on est au milieu de nul part, avec nos proches voisins qui sont à 50 ou 100 mètres sans lumière et sans bruit, c’est simplement énorme. Un grand moment de simplicité qui fait beaucoup de bien. C’est exactement comme ça que j’imaginé nos soirée en camping-car.

On se couche 1 heure plus tard que d’habitude pour cause de décalage horaire… et oui, maintenant on est dans l’Utah, il est donc 1 heure de plus. Demain on reste dans cet état pour faire Monument Valley. Ça promet encore de belles émotions.

On  n'est pas bien là, hein Tintin ?

On n’est pas bien là, hein Tintin ?

Carte-Cote-Ouest-J5


Jour 6 : Page – Gooseneck/bluff


Levé 1 heure plus tard que d’habitude pour cause de décalage horaire. Dans l’Utah on se lève à 7h. En même temps le soleil ne se lève pas avant, donc nous non plus.

Très beau levé de soleil sur le lac et les falaises. De belles couleurs qui nous donnent envie de prendre le petit dej sur la plage… mais aujourd’hui encore on ne traîne pas car il fait très froid.

Après le train train habituel du matin pour se préparer, on passe dire au revoir à Scott et Patty et les remercier pour leur aide. Après un brin de discute sur la suite de notre périple, on met le contact et c’est parti. L’ascension de sable nous attend. Je m’aligne sur les traces existantes de voitures. J’accélère à fond pour prendre de l’élan comme me l’a conseillé Scott et on arrive à passer tout juste l’endroit qui était délicat. Un soulagement nous étreint ! On file faire de l’essence et au Wallmart pour les courses. On voulait partir tôt pour profiter de Monument Valley et finalement avec tout ça on prend la route vers 11h… pas terrible !

C'est pas la fi-fille à son papa ça ?

C’est pas la fi-fille à son papa ça ?

 

Après 2 heures de route on arrive dans les environs de Monument Valley. La vue de loin est énorme. Pour une fois, ce qu’on vient voir ne se dévoile pas au dernier moment mais au contraire se laisse désirer au fur et à mesure des kilomètres qui nous rapproche du but. L’ocre de la Pierre est splendide. On a hâte d’aller sur le site pour faire la balade aux pieds des monuments les plus connus.

On fait la rencontre de 2 Suisse sur le parking du Visiteur Center. On discute un peu et ils nous racontent qu’ils sont aux US pour 3 mois. Le voyage d’une vie comme ils disent. Ils ont un petit van, on les regarde donc de loin emprunter la piste interdite au RV pour voir comment ils se comportent. C’est sans appel, ils font demi-tour. Le chemin est bien trop chaotique.

Aire de pique-nique...

Aire de pique-nique…

 

On va donc se renseigner du prix de la visite en 4×4… En y allant à 4 on se dit qu’on pourra avoir un prix. On arrive à descendre de 75 à 50$ par personne pour une balade d’1h30… et on a bien l’impression que les enfants doivent également payer. Du vol déguisé, soyons clair ! Au grand désarroi de Céline, on abandonne l’idée de descendre au pied de Monument Valley. C’est une très grosse déception pour elle.

On prend néanmoins notre pique-nique sur place devant une vue panoramique sur le site. C’est grandiose. On passerait bien là plus de temps mais la suite nous attend. Il reste encore de la route à faire.

Méandres de Gooseneck

Méandres de Gooseneck

 

Après 2 bonnes heures d’admiration (et de photos évidement), on fait route vers Bluff, lieu de couchage du soir. Petite pause en cour de route à Gooseneck pour admirer un formidable point de vue sur les méandres d’un fleuve. 6,5 miles de fleuve contenu dans 1,5 miles de distance. Les quelques camping-car présents nous indiquent qu’on est sur un lieu de camping sauvage. On ne peut que les comprendre tant on aurait bien fait la même chose. La proximité du précipice nous dissuade néanmoins. On préfère ne pas avoir à garde l’œil en permanence sur Pierre en se demandant où il est. Dommage, mais on repart vers le campground de Bluff qui nous attend.

Une personne à l’accueil mal-aimable, un camping sans intérêt hormis des jeux pour Pierre mais la proximité d’un steak house réputé. Evidemment, Céline n’a pas choisi le lieu par hasard ;o)>

T-bone de 16 Oz

T-bone de 16 Oz

C’est donc un T-bone de 16 oz (~450 grammes) qu’on partage à 3. C’est génial aux US car tous les plats se partagent. On peut prendre un gros plat qu’on ne prendrait pas pour une seule personne et le partager. Mais qu’attend t’on pour venir vitre ici ?

La petite marche du retour au camping est très froide. On se prépare à une nuit glaciale. Double couette pour nous, polaire pour Pierre et emmaillotage pour Jeanne… même pas peur !

Admirez les moufles !

Admirez les moufles !



Jour 7 : Bluff – Arches/Moab


La nuit a été très froide… la plus froide depuis le début. Heureusement qu’on s’était bien préparé.

On ne s’attarde pas dans ce lieu sans intérêt et on part en direction de Moab pour arpenter Arches National Park, connu pour ses nombreuses arches creusées dans la roche.

On arrive assez tôt sur place pour avoir le temps d’y passer la journée. On commence par une petite balade à l’entrée du parc, au cœur des falaises rouges. Elles ressemblent d’ailleurs assez à celles de Monument Valley et on se dit que finalement, on ne regrette pas tant que ça de ne pas avoir fait la visite d’1h30 en voiture.

On poursuit vers le fameux Balance Rock pour une pause pique-nique. Assez étonnant ce rocher posé en équilibre. Je suis toujours autant étonné par ce que la nature est capable de faire.

On continue après cette entrée en matière vers « Window », la partie du parc qui regroupe plusieurs arches. On s’y promène à pied. 3 km avec Pierre, c’est plutôt une belle performance. On a bien pris notre temps pour admirer avec une question omniprésente : mais laquelle est celle d’Indiana Jones (on aura la réponse qu’au retour en France) ?

On termine la balade pédestre par une double arche assez incroyable. Ça sera le moment le plus impressionnant du parc. Le reste nous laissera un petit goût de déception tant tout le monde décrit « Arches » comme exceptionnel.

On poursuit dans le parc mais on finit par faire demi-tour avant la fin. Fatigué et sans possibilité de faire des points de vue sans marcher, on préfère aller chercher notre lieu de couchage et ne pas réveiller les enfants qui dorment à point fermé.

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 On retraverse le parc dans l’autre sens et on se retrouve derrière un skateur de descente… impressionnant la vitesse et les angles qu’il prend dans les virages. On se croirait dans une vidéo de sports extrêmes.

On part à la recherche d’un camping primitif dont parle le routard. Après un premier échec faute de place (et oui, c’est la première fois depuis le début qu’on est plus de 5 dans un camping), on trouve une place dans le suivant. Tout simplement magique. Un emplacement sur le bord du Colorado qu’on suit maintenant depuis le Grand Canyon et entouré de falaises.

A disposition, une table, de quoi faire pique-nique et un barbecue. Népouse a eu la bonne idée de nous faire acheter du bois plus tôt dans la journée au moment de dilapider notre argent, pardon, de refaire de l’essence. Avec la plage du lac Powell, c’est le plus beau site qu’on ait eu pour passer la nuit.

Les voisins sont assez espacés, la route juste au-dessus de nous promet d’être calme la nuit… bref l’endroit est génial !

Le système américain est assez étonnant et en même temps il ne fonctionnerait pas chez nous. On prend un emplacement de libre, une enveloppe au début du Campground qu’on dépose dans un espace sécurisé avec l’argent pour la nuité. Simple et efficace !

Arrivé sur place pas trop tard, on a le temps de profiter du coucher de soleil sur les falaises qui nous surplombent, de prendre l’apéro sur les bords du Colorado (mais on a toujours le temps pour ça), de se préparer un petit morceau de bœuf grillé au barbecue et de faire un peu de feu. On termine par 1/4 d’heure de contemplation du ciel. 15 minutes c’est bien, après il fait froid ;o)

Arches n’est pas notre parc préféré mais on a passé une très bonne journée et le lieu pour passer la nuit est super. Du coup, on ne regrette pas d’avoir fait le grand tour pour venir jusqu’ici. Par contre, demain on a beaucoup de route qui nous attend pour redescendre du « Brice ».


Jour 8 : Moab – Canneville/Escalate

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C’est pas le grand ouest américain ça ?!

 

Encore un levé tôt avec le soleil. C’est donc ça les vacances ?

Petit dej dans le camping-car aujourd’hui. Malgré un lieu somptueux, il fait trop froid. Le soleil est encore caché derrière les falaises.

Après 1h30 de préparation (moyenne quotidienne), on fait route vers Brice avec l’objectif de s’en rapprocher le plus possible. Aujourd’hui c’est l’une des plus grosses étapes. Environ 250 miles (400 km) en 7 heures (dont 1 heure de pause pizza le midi).

On sent que les enfants commencent à fatiguer… ou a en avoir marre de faire de la route. Le début de matinée est un peu difficile entre pleures et colères. Heureusement les paysages traversés sont magnifiques. On commence avec de grandes falaises rouges, symbole par excellence à mon sens du grand ouest américain.

Paysage de terre retournée et cow-boy au loin (si si !)

Paysage de terre retournée et cow-boy au loin (si si !)

 

On traverse également de grands canyons, de vastes étendues où on a l’impression que toute la terre a été retournée au court d’un chantier titanesque… étrange ! Il y a aussi les plaines de Caineville, mélange de village mormon et de la petite maison dans la prairie. Des champs verts des arbres jaunes magnifiques en cette saison d’automne sur fond de falaises ocres ! Ajoutez quelques cow-boy (des vrais, avec de grosses moustaches, les jambières en cuire, les Stetson et surtout les troupeaux de vaches) et le cliché est parfait ! Bref, une route longue mais magnifique tout du long.

Route droite et montagne menaçante au loin

Route droite et montagne menaçante au loin

En milieu de matinée, on fait route tout droit vers des montagnes enneigées alors que le Routard nous informe que notre parcourt va nous faire passer à 3000 mètres d’altitude. L’inquiétude commence à nous gagner, surtout lorsqu’on voit les nuages très menaçant au dessus des montagnes. A-t-on bien fait de quitter l’autoroute pour pendre la « scenic view » ? Fait-on demi-tour après 50 miles de ligne droite ? Et quand je dis 50 miles de ligne droite ce n’est pas un euphémisme. J’ai mesuré une ligne droite où je voyais jusqu’à 6 miles (9 km) au loin devant moi

Finalement on est des aventuriers, tant pis si on reste bloqué dans les montagnes au milieu de la neige, on arrivera bien à se débrouiller (mais quand même on ne fait pas les malins).

Et puis, au bout d’un moment, on laisse les montagnes de côté et on prend une autre route qui s’en éloigne un peu… on est momentanément rassuré.

On profite de la traversée de Caineville pour faire une petite pause dans une ferme bio. La ferme est tenue par un couple de hippie… ou quelque chose qui s’en rapproche. C’est le monsieur qui nous accueille. Grand, jeune (à peu près notre âge), un pantalon en toile fine, large et tout troué, les cheveux hirsutes… on se demande un peu où on est. Le Routard nous dit que le meilleur resto de l’Utah se fourni ici alors on a voulu voir mais… c’est un peu étrange. On goute ses fromages maison. Super bons. Sa feta est à tomber.

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Quand je vous dis que le paysage sur la route est magnifique

En discutant un peu avec le gars de notre parcourt et surtout de notre lieu de couchage du jour, on décide de changer notre destination. En fait, on voulait s’arrêter à 3000 mètres, mais en ce moment il fait -5°C et ils prévoient de la neige pour la nuit. On poussera donc un peu pour redescendre à 2500 mètres. Dommage car on avait prévu un campground au milieu de la forêt… et des ours ! On avait même acheté de la patte à dent (je laisse les quelques initiés apprécier la référence).

On repart finalement avec du pain, de la feta, du fromage de chèvre frais et de la laitue. Direction… bah le meilleur resto de l’état qui se trouve un peu plus loin pour y faire la pause du midi.

On arrive à Torrey, devant le café Diablo, le fameux resto trop bon qui se fourni chez le magasin bio. On se gare et on voit quelqu’un qui arrive vers nous… c’est pas bon signe. Effectivement, ils viennent d’avoir un problème en cuisine, du coup ils ferment pour la saison avec un peu d’avance. Pas de bol. On cherche alors autre chose, mais ce n’est pas facile. Presque tout est fermé pour l’hiver ici. Y a personne, un vent de fou, les feuilles volent partout. On se demande ce qu’on fait là.

On trouve enfin un petit resto avec une bonne pizza américaine. Patte épaisse, produit simple, bière d’une micro brasserie locale. Une bonne surprise inattendue étant donné les odeurs de graillon lorsqu’on est rentré.

La montée commence là, à gauche

La montée commence là, à gauche

On part le ventre plein affronter la montagne ! Le vent ne s’est toujours pas calmé. Il est très présent depuis ce matin, avec de grosses rafales. C’est fatiguant car je suis en permanence en alerte. Les flocons font également leur apparition au cours de la montée… montée qui s’avère plutôt lente en camping-car, j’oscille entre 50 et 60 km/h. Ça nous laisse le temps d’admirer le paysage. On a un super panorama sur la vallée avec les montagnes enneigées au loin. On traverse également une forêt de boulot sans feuille. C’est étonnant de voir tous ces arbres blancs complètement nus.

On arrive enfin au sommet, 9200 pieds ! On est rassuré. La route de montagne aux Etats-Unis, c’est comme tout le reste : simple. La route est large, pas d’épingle à cheveux ou de côte à 20%.

La redescende de l’autre côté se fait tranquillement. On en profite pour admirer une nouvelle fois les cow-boys qu’on croise et qui ramènent les vaches en bas. C’est marrant de voir de vrais cow-boy. Ils sont vraiment comme on les imagine !

Au détour d’un virage, on aperçoit un campground en contre bas qui a l’air sympa. On s’arrête et on l’adopte aussitôt. Il est dans la lignée de celui de la veille. On cherche donc une place libre. On va jusqu’au fond en passant un gaie… pourvu qu’il ne pleuve pas trop, sinon on risque de rester coincé. C’est clairement marqué, il faut faire attention. Et puis tous les autres RV de l’autre côté du gaie sont de gros 4×4. Murf ! On ne va pas se laisser impressionner et on se parque de ce côté de la rivière. Après tout, on a affronté la montagne aujourd’hui !

Pour une fois il est assez tôt. J’en profite pour rattraper le retard du journal. Céline et Pierre commencent un journal de voyage pour Pierre. L’objectif : y mettre un résumé de ce qu’on fait avec des photos (qu’on imprimera à notre retour). Et on gardera le même cahier pour tous les voyages, ça lui permettra de se souvenir de ce qu’il fait.

On essaye également de réserver notre mariage à Las Vegas, mais pas de réseau pour téléphoner… on essayera demain.

On se prépare à une nuit encore très froide… polaire et double couette pour tout le monde ce soir.

Demain, Brice nous attend et pour la première fois depuis le début du voyage, je ne sais absolument pas à quoi l’attendre… vivement demain.


Jour 9 : Escalante – Brice/Kanab

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1H30 du matin. La pluie se met à tomber sur le grand toit du camping-car. Même s’il ne pleuvait pas beaucoup, ca faisait un bruit de déluge. Les gouttes résonnent comme sur un gigantesque Velux. Impossible de dormir.

La pluie se fait de plus en plus intense, de plus en plus drue. On a en tête le gaie passé un peu plus tôt dans la journée avec les avertissements de « flash flooding » (comme un peu partout le long de notre périple d’ailleurs). Est-ce qu’il pleut assez pour faire monter le niveau de la rivière ?

A 2h30, Céline n’en peu plus. Trop stressé elle s’habille et part jusqu’à la rivière pour voir. En chemin ses idées vont bon train : attaque d’ours, mangé par un puma… l’aller/retour se fait assez vite.

Au retour, elle m’informe : le niveau est monté et il y a de grosses flaques d’eau qui se forment sur la route… on attend encore pour voir si la pluie se calme mais c’est le contraire qui se passe. A 3h on déplace le RV (sans réveiller les enfants). On retraverse la rivière aux phares, c’est bien plus stressant qu’en plein jour. Le passage fait une petite dizaine de mètre de long et n’est pas très large… on arrive finalement jusqu’au parking à l’entrée du campground. Ouf on est sauvé !

Je ne pense pas que la rivière soit vraiment montée mais au moins on est serein. 10 minutes après la nouvelle installation la pluie s’arrête… on va pouvoir dormir un peu.

Le levé se fait plus tard que d’habitude. L’épisode pluvieux de la nuit et le froid mordant nous invitent à traîner au lit ce matin. D’ailleurs Pierre aussi a eu froid cette nuit mais quand on lui demande si ça l’embête il répond ! « Non j’aime bien car les autres ils ne font pas ça ». Il a peut-être toutes les caractéristiques physiques de Céline, mais pour sûr, c’est mon fils !

Malgré ces quelques difficultés pour se lever, Brice nous attend. C’est donc après un petit dej aux désormais traditionnels pancakes qu’on reprend la route de la montagne.

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Bataille de boule de neige

Les premiers lacets nous élèvent de quelques pieds supplémentaires et on voit la neige apparaître sur les bas côtés. Heureusement qu’on n’a pas fait notre pause du soir à 3000 mètres comme prévue initialement.

La route se poursuit tranquillement jusqu’à Brice. Les montagnes au loin sont complètement blanches. Plus on avance et plus les plaines jouxtant la route sont blanches elles aussi. C’est totalement imprévu comme temps et comme paysage mais on est bien content. C’est magnifique. Le soleil fait briller la neige et nous offre un paysage complètement captivant.

Les 5 cm de neige sur le bas côté sont trop tentant. On fait une pause un peu sauvage et c’est parti pour une bataille de boule de neige à 3. Pierre est aux anges.

Admirez la vue à notre arrivée

Admirez la vue à notre arrivée

On espérait voir Brice sous la neige (au vu des conditions du jour) et nous sommes comblé. Lorsqu’on y arrive, tout est blanc. Il y a d’ailleurs tellement de neige que plus de la moitié du parc est fermé. En fait il nous reste que trois points de vue à aller admirer.

On commence par le plus célèbre : Brice Point. Plus on s’approche, plus on monte dans le brouillard et la neige. Arrivée en haut, le spectacle est… blanc. On ne voit pas à 10 mètres. On voulait de la neige, on a de la neige.

Jeanne ne tient plus, elle a faim. Céline s’occupe du repas pendant que j’emmène Pierre se dégourdir les jambes et jouer un peu dans la neige. Un petit chemin s’élève à quelques dizaines de mètres de nous au bout du parking. On en prend la direction et on le suit sur 2 ou 300 mètres.

Brice Point - Le rendu photo effleure à peine le sentiment ressenti réellement devant ce spectacle

Brice Point – Le rendu photo effleure à peine le sentiment ressenti réellement devant ce spectacle

Peu avant d’arriver au bout, le soleil fait son apparition laissant la magie opérer. Les mots me manquent pour décrire l’apparition sortant des nuages. Je n’avais pas vu de photo de Brice donc je ne savais pas à quoi m’attendre et c’est tant mieux. Pour les avoir vues après coup, aucune photo ne peu faire passer les émotions de Ca ! Ca prend aux tripes, ça vous scotch sur place et vous restez forcement en admiration. Personnellement ça me vide complètement la tête et me bloque. C’est devant ce genre de paysage que je peux rester des heures sans rien faire, juste contempler. Le grand canyon m’a fait le même effet, Monument Valley aussi, mais dans une moindre mesure.

Sunset Point : un peu moins de 2500 m

Sunset Point : un peu moins de 2500 m

Si je n’avais pas une machine à questions avec moi, je me serai posé là. Et puis il y a Céline aussi. Je me dépêche donc de rentrer au camping-car pour la remplacer au biberon afin qu’elle profite elle aussi de l’éclaircie.

Après une bonne séance photo, un repas dans le camping-car (on ne dira jamais assez comme on aime le camping-car) et avoir aperçu les suisses de Monument Valley on met le cap vers les deux autres points de vu ouvert.

Inspiration Point ressemble au premier mais c’est beaucoup plus couvert. On ne s’attarde donc pas et on préfère rester plus longtemps à Sunset Point. Le temps se dégage lorsqu’on y arrive et là encore c’est une énorme claque. Tout est grandiose.

On profite d’une balade sur la corniche pour faire quelques photos. La neige fond vite mais donne au paysage un cachet supplémentaire. On a vraiment eu beaucoup de chance d’avoir ses conditions météorologiques à cette époque de l’année.

Sunset Point : Comme Brice Point, c'est à couper le souffle

Sunset Point : Comme Brice Point, c’est à couper le souffle

On fini enfin par partir pour notre prochaine étape. On se rapproche de Zion afin de ne pas avoir trop de route à faire demain matin. On s’arrête donc à Kanab. C’est un peu à l’écart de notre route mais le Routard le conseil pour son glacier (si si, j’ai bien dit qu’on avait passé la journée dans la neige). En plus il y a une laverie. Céline en profite pour faire une lessive dans cette pure laverie américaine. C’est exactement comme dans les séries ou les films.

Pendant ce temps je m’occupe d’installer le camping-car et surtout de vidanger car tous les réservoirs sont pleins. Je m’aperçois que l’eau noire (celle des toilettes)  ne se vide pas. Je fini par mettre la main, et le bras, dans le tuyau d’évacuation qui est bouché. J’arrive à enlever une pièce de plastique qui obstruait la sortie mais ça libère une partie du contenue par terre, sur mes chaussures et sur mon pantalon. C’était le réservoir d’eau noire !!! Je vous laisse relire plus haut à quoi ça correspond… beurk !

On ne se laisse pas abattre. On fait un détour pour manger des glaces, donc après un repas léger on fait une petite marche de 10-15 minutes dans le froid mordant et mériter notre dessert. 3 petits cochons en « shared » pour Céline et moi et une énorme boule en cône pour Pierre. C’est la première fois que je le vois manger une glace aussi grosse et sans une seule goutte à côté !

Pour nous, le banana split aux 3 saveurs est énorme en quantité mais très classique en terme de goût. Dommage !

Le retour se fait vite car il fait très très froid. D’ailleurs ce soir on garde Jeanne avec nous. Je pense qu’on est proche des 5°C dans le camping-car. On va se tenir chaud…

La famille Furet au grand complet

La famille Furet au grand complet