Jour 7 : Lysebotn – Ardal

Réveil en sursaut à 6h50 ! Le camping-car bouge légèrement et j’entends comme des bruits de plastique arraché. Mais ils font quoi ces imbéciles de moutons ?!! On ouvre la fenêtre du camping-car en urgence pour les chasser un peu plus loin. Bon le réveil était à 7h alors on se lève. L’objectif d’aujourd’hui est de faire la randonnée du Preikestolen qui n’est pas à côté donc on doit faire la route et faire la randonnée… faut pas traîner.

Ce matin le paysage est embrumé, comme l’esprit de Jeanne au réveil mais rapidement ça se dégage laissant la belle vue d’hier revenir. Pour autant, avec 5° dehors, on capitule pour la première fois et on prend notre petit déjeuner à l’intérieur de Bernard. Avec ses 10° ce n’est pas la fournaise mais c’est toujours mieux.

A 8h on part pour Lysebotn qu’on voulait atteindre hier soir. La ville est connue car c’est un départ (ou une arrivée) d’un ferry qui traverse tout le fjord (le Lysefjorden). Sur le chemin il y a également le départ d’une randonnée très connue pour aller au Kjerag (un gros caillou suspendu entre deux falaises) mais qui est un peu trop longue pour les enfants.

Bref, après une longue descente et 25 lacets en épingle à cheveux, nous voilà en bas. Les freins sentent le carbone brûé et le lieu n’est franchement pas mémorable. Après la vue sur l’un des plus beaux fjords de Norvège (dixit les blogs regardés pour la préparation du voyage) est plutôt pas mal. Le bras de mer est assez étroit (comparativement à d’autres qu’on verra après), ce qui lui donne un aspect complètement encaissé dans les montagnes et donc une sensation d’être minuscule devant ce gigantisme minéral. Pas indispensable, surtout qu’on le voit de l’autre côté (pendant la randonnée du Preikestolen avec une vue plus intéressante à notre sens).

On repart et on remonte les 25 lacets, on refait une partie de la route d’hier pour récupérer la route principale faisant le tour du fjord afin qu’on puisse prendre un petit ferry (plutôt un bac en fait) pour traverser et terminer nos 3h30 de route jusqu’au Preikestolen.

La route est très belle mais pas autant qu’hier, même si on est sur l’une des routes touristiques de la Norvège. Ceci dit, difficile d’égaler les quelques heures passées hier au milieu de nulle part.

Pour optimiser au maximum notre temps et garder le plus de marge possible pour la randonnée qui s’annonce pas évidente pour les enfants, on prépare même les sandwichs pendant l’attente du ferry.

Au final, arrivée sur le parking du départ de la rando (où on se fait escroquer de 20€ au passage, on se croirait chez Mickey !) on découvre que la ballade qu’on pensait être de 600 mètres de dénivelé passe à 300 mètres avec seulement 3,9km (aller). Bon c’est plutôt une bonne nouvelle ça fait 4h aller/retour, c’est bien pour commencer avec les enfants. 

On attaque la montée directement après notre arrivée. La plus grande partie de la randonnée s’effectue sur des cailloux qui deviennent glissants dès qu’ils sont mouillés. Jeanne en profite pour jouer au cabri sur tout le chemin et saute de caillou en caillou ou escalade les rochers. Pour quelqu’un qui ne cesse de répéter qu’elle n’aime pas randonner, elle avance plutôt d’un bon pas en s’amusant.

Cette randonnée est la plus connue et la plus visitée de Norvège. D’ailleurs vu la difficulté (qui est tout de même considérée comme difficile dans tous les guides) j’appellerais ça plus un point de vue qu’une randonnée. Bref, tout ça pour dire qu’avec 130 000 personnes venant ici tous les ans forcément il y a du monde… beaucoup trop de monde. 

C’est horrible, je n’ai jamais vu cela (à part pour le Stromboli mais c’est différent). Et comme on n’est pas vraiment sur un chemin de randonnée, on a tous les types de personnes dont beaucoup ne connaissent pas les codes. D’ailleurs vu comme ils ne considéraient pas les enfants je pense qu’ils ne connaissaient pas non plus la simple politesse !! Les enfants ont failli se faire renverser (et nous aussi d’ailleurs) à plusieurs reprises.

A mi-chemin on fait la pause pique-nique. Une petite pause qui fait du bien aux enfants et permet de repartir pour la deuxième moitié revigorés. 

Le chemin pour monter est sympathique, peu de point de vue mais l’ambiance générale est bien. Le temps est plutôt beau avec un soleil assez présent sauf sur les derniers mètres de la randonnée. On termine sous un petit crachin avec un ciel totalement gris et une légère brume obstruant la vue sur le fjord Lysefjorden (on est juste à l’autre bout du fjord qu’il y a 5h). Grosse déception, à 10 minutes près on était encore sous le soleil.

Le temps de sortir les gore tex et de terminer les 500 derniers mètres et le soleil refait son apparition. Ouf ! Évidement il y a beaucoup de monde mais franchement quand on voit le lieu on ne peut que comprendre. Malgré cette foule asphyxiante, c’est un endroit à ne surtout pas rater. 

D’un côté on a une vue incroyable sur le fjord à plus de 600 mètres sous nous et de l’autre on a le fameux rocher qui tombe verticalement dans la mer. L’effet est incroyable, on n’a jamais vu cela. Et forcément, tout le monde se prend en photo sur le rocher. Les plus inconscient iront jusqu’à aller sur le bout du rocher avec les pieds dans le vide… l’effet (côté spectateur) est saisissant. Une vraie sensation de malaise de les voir à moitié dans le vide à deux doigts de tomber. 

Vous me voyez ?

Il n’y a aucune barrière de sécurité pour protéger les gens (on n’est pas en Amériques !) et pourtant il n’y a eu aucun accident à déplorer… franchement je me demande comment c’est possible quand on voit le comportement de certains.

Evidement nous aussi on passe par là. Séance photo familiale et bien sûr j’agrandis ma collection de photos de moi perché sur un rocher tombant dans le vide… peu probable que je puisse faire mieux que celle-là, alors forcément je ne pouvais pas passer à côté.

Après un bon moment là-haut, on redescend sans trop traîner (même si Jeanne tient absolument à escalader le moindre rocher…) car il faut qu’on aille faire les courses et remplir le frigo. On mettra un peu moins de deux heures pour redescendre. Comme toutes les randonnées, la fin est longue et un peu pénible. Les enfants en ont marre mais marchent vraiment bien. Au final, la marche totale aura fait pas loin de 9 km. Une belle première balade.

Les courses terminées, on cherche un endroit pour pouvoir dormir tout en faisant notre lessive. On essaye d’optimiser et d’éviter de perdre une journée à faire ça. Céline nous trouve un super emplacement sur un port avec une machine à laver de disponible mais il n’y a plus de place. Dommage, la vue était vraiment super.

Obligés d’aller dans un camping, le premier des vacances… et franchement c’était cher pour rien du tout ! Tant pis, on a fait notre lessive, on est reparti pour une semaine à vivre dans la nature (et notre camping-car).

Bilan du jour : 200km – 4h35 de route


Jour 6 : Lac Mjaugetjorn – Lysebotn

Quel plaisir de se réveiller dans un tel endroit ! Un lac, de la forêt… la nature pour nous tous seuls. Et ce matin le soleil est même au rendez-vous, c’est plutôt rare depuis notre arrivée.

Hier soir j’ai regardé où je pouvais aller courir aux alentours, mais finalement on a décidé de partir pas trop tard pour continuer à avancer avec la perspective de faire une belle et grosse randonnée demain. Du coup tout le monde debout à 8h… enfin plus ou moins 8h en fonction des personnes (évidement, je pense à Jeanne…).

Petit déjeuner dehors bien sûr avec vue sur le lac où le soleil se reflète. Une belle journée qui commence et Jeanne qui remet ça avec la baignade. Mais que fait-elle ?

On arrive à partir pas trop tard pour aller jusqu’à l’église d’Eddal qui est l’une des 25 dernières églises en bois debouts du pays. En chemin on croise quelques lacs et l’arrivée sur le site est assez incroyable, surtout lorsqu’on ne sait pas top à quoi s’attendre. 

Cette église est la plus large des 25 restantes. Sa forme et la couleur du bois en fond un édifice vraiment joli et lorsqu’on s’approche on sent l’odeur du bois goudronné qui donne la couleur noire au bois et permet de le conserver dans le temps.

Datant du 12ème siècle, elle est dans un état incroyable de conservation. On commence par en faire le tour pour voir et comprendre la structure générale avant de s’aventurer dedans. L’intérieur est magnifique ! Tout en bois bien évidement, certains éléments sont peints et donnent un peu de vie et de chaleur. Très belle découverte inattendue.

On hésite à faire le musée qui se trouve un peu plus loin présentant le mode de vie des Norvégien dans les années 1700. Les photos sont loin de faire envie, ça ressemble plutôt à un musée un peu kitch comme il en existe tant. Mais après avoir pris la direction du camping-car, on décide finalement de faire demi-tour et d’y aller

Quelle bonne idée on a eu. Dès la première maison traditionnelle on est sous le charme. De nombreux costumes traditionnels sont présentés et sont d’une qualité extraordinaire. Ils seraient dignes de faire partie d’un film de cinéma tant le travail du détail y est soigné. Au-delà de la qualité des tissus et de la réalisation, l’objet en lui-même est vraiment beau. Ce sont de très beaux vêtements.

Vient ensuite la visite de la maison et de la pièce à vivre, et là encore c’est magnifique. A tel point qu’on se verrait bien y vivre. Là où le chalet montagnard français tout en bois est souvent un peu « lourd » à digérer, cette maison donne envie d’y vivre. Les murs en bois sont peinst, les meubles sont magnifiques, les coffres grandioses et même la cheminée d’angle est proportionnée juste comme il faut. Simple mais belle. Une très belle découverte à côté de laquelle on a failli passer. Ça aurait vraiment été dommage.

Finalement on est resté bien plus longtemps que prévu mais c’était nécessaire. On reprend la route pratiquement à 12h en direction d’une autre église en bois debout, celle d’Eidsborg.

La route pour y mener n’est faite que de montées et descentes en lacets. Sympa avec un camping-car de 7m de long :o) Au-delà de ça on croise quand même pas mal de lacs et on est dans la montagne alors bon… forcément on est bien :o)

Arrivés à l’église d’Eidsborg la première impression n’est pas terrible. L’église est bien plus petite que celle de ce matin et moins « différente ». On est là alors on va quand même aller la visiter. Apparemment c’est l’intérieur qui vaut le coup.

Arrivés devant l’église après avoir acheté les tickets, on trouve porte close. En fait il y a un baptême et la prochaine visite n’est possible que dans 45 min. Là c’est la goutte d’eau. Je retourne me faire rembourser, on n’avait déjà que moyennement envie de la visiter cette église donc attendre 45 min alors qu’on a encore pas mal de route c’est trop.

Retour dans Bernard le camping-car et on reprend la route pour notre destination finale d’aujourd’hui Lysebotn. Sauf qu’à ce moment-là on hésite encore un peu sur le fait d’aller jusqu’au bout. On voudrait faire la randonnée demain de Preikestolen mais c’est encore à plus de 7h d’ici… donc faire la route plus la randonnée ça fait beaucoup.

En attendant on roule un peu et on s’arrête finalement bien avant Lysebotn pour voir un lieu qui a l’air pas mal. L’endroit pour le camping-car n’est vraiment pas intéressant. C’est un parking gravillonné sans vue particulière mais assez éloigné de la route c’est déjà ça.

En descendant un peu le talus à côté de nous on arrive sur un torrent à très faible débit (en fait on est en contre bas d’un barrage) qui coule sur de grandes plaques de rochers. Avec les algues les rochers sont rendus très glissants et forment comme une multitude de toboggans. Je vous laisse imaginer comment les enfants se sont fait plaisir là-dedans. 

Il ne leur a fallu que 2 minutes pour enlever le pantalon, les chaussures et aller dans l’eau en culotte. Une vraie partie de rigolade… pour eux, nous on a un peu stressé la première fois qu’on a vu Pierre partir glisser dans un toboggan sans s’arrêter…

Ils ont joué une bonne demi-heure avant que Jeanne finisse dans une cuvette remplie d’eau et trop glissante pour pouvoir en sortir. On a du faire une chaîne humaine à 4 pour la sortir de là ! 

Frigorifiée et grelottante, on la remonte au camping-car pour la réchauffer autant que possible avec pas moins de 4 couches de vêtements dont 2 polaires. Là-dessus, on se dit qu’il est temps de repartir. On ne restera pas ici pour la nuit.

On repart donc, toujours sans connaître notre destination finale mais en sachant quelle direction prendre. On emprunte un route qui n’existe nulle part… bon j’exagère, la route est bien sur les cartes mais on traverse une zone de no man’s land. Il y a une route, des montagnes, des lacs et des milliers de moutons qui se sont approprié la route. Ici ce sont eux les rois et s’ils sont sur la route c’est bien à nous de nous arrêter et d’attendre qu’ils aient terminé. 

C’est vraiment étrange car bien qu’on ait croisé de nombreux véhicules, il n’y a aucune maison, usine, ferme ou quoi que ce soit qui nécessite de passer par ici.

Par contre, la route est absolument extraordinaire. D’une beauté vraiment rare. En plus on a la chance d’avoir le soleil qui s’est levé pour irradier toute cette zone de montagnes rocailleuses et vertes de pâturage. C’est l’une des plus belles routes que nous ayons emprunté tous pays confondus d’autant qu’il ne s’agit pas d’une petite zone isolée mais d’une route d’au moins 50 km (peut-être plus je n’ai pas regardé le compteur…). Pour les connaisseurs, toute cette route nous a beaucoup fait penser au Rohan du Seigneur des Anneaux.

Dans la longue montée menant à Lysebotn,, on trouve au sommet d’une côte un petit parking qui ne paye pas de mine mais qui permet d’admirer un vue absolument incroyable. On peut même dire magique ! Décidément, Céline nous trouve des endroits de plus en plus beaux pour passer la nuit… pas sûr qu’elle puisse faire mieux que ce soir.

Nous sommes au sommet (ou presque) des montagnes avoisinantes donnant sur un beau lac en contre bas. Le soleil est en train de se coucher illuminant le paysage d’une magnifique lumière froide. Un régal pour les yeux qui nous permet de faire le plein de bien-être.

Avec le paysage, on hérite également d’un petit troupeau de moutons venu voir comment ça se passe chez nous et certainement désireux de voir ce qu’on pensait manger ce soir. Car oui, malgré un 8°, les enfants ont demandé à manger un barbecue et en plus dehors… décidément, ils ne cessent de nous surprendre. On sent qu’on est vraiment entré dans les vacances, ils commencent à être plus détendus et à mieux écouter. C’est plus reposant pour tout le monde.

On se couche au son des cloches des pâturages…

Bilan du jour : 270km – 5h35 de route


Jour 5 : Hunnebostrand – Lac Mjaugetjorn

Pas encore 8 heures et je commence déjà à me réveiller doucement. Étrange, je ne dors plus vraiment le matin pourtant on ne se couche pas tôt et le camping-car est relativement obscur.

Tout le monde étant bien fatigué, je pars faire une petite promenade dans le village de pêcheur où nous sommes. Simple, sympa et rafraichissant. Le ciel est encore très couvert ce matin et surtout il y a beaucoup de vent. Il ne fait pas froid mais le vent en donne l’impression.

A mon retour au camping-car j’en profite pour me mettre à jour dans mon carnet de voyage alors que Céline entrouvre la fenêtre de la chambre vers 9h. C’est surtout les enfants qui avaient besoin de dormir et de fait, Jeanne n’arrive pas à se réveiller… d’un autre côté c’est une constance universelle ;o)

Pour le petit déjeuner, sur la demande de Pierre, on sort tout le matériel de camping : table et chaises pour s’installer face à la mer. La vue est belle mais même en s’abritant de Bernard le camping-car, le fond de l’air est bien ventilé. On voit qu’on n’est plus du tout en haute saison car nous étions 3 camping-cars sur le parking cette nuit.

Ha oui ! Notre camping-car a maintenant un nom, il s’appelle Bernard (comme un Bernard l’Hermite qui a sa maison avec lui).

Le petit déj terminé, les affaires rangées et prêts à repartir on va faire un tour de la ville… bon bah à quelque chose près le même que celui que j’ai fait ce matin sauf qu’on commence d’abord par aller sur une petite plage à la demande de Jeanne pour… aller se baigner !! Comme je le disais, il ne fait pas froid mais sûrement pas plus de 18/19°, avec du vent et dans la mer du 10/12° peut-être ! On est en Suède bon sang, mais qui veut aller se baigner ici et de ce temps-là ? Mamilène, sort de ce corps !

Après avoir gouté à la température et vu toutes les méduses, elle décide d’y tremper les pieds puis les cuisses. Elle ira finalement jusque sous les fesses.

Séché et promenade terminée, on reprend la route pour quitter la Suède et s’en aller en Norvège qu’on attend avec impatience. A nous les grands espaces !

Bon évidemment, on profite de la route pour se promener un peu donc au passage on fait un petit stop pas très loin, dans la ville de Fjallbacka. Ça ressemble un peu à là où nous avons passé la nuit mais en beaucoup plus touristique et un peu moins joli. Finalement, on n’a aucun regret car Céline avait hésité à venir passer la nuit ici. 

On reste une petite heure en en profitant pour acheter quelques viennoiseries qui ont l’air bien sympathiques et aller à la poissonnerie pour acheter du saumon tout juste sorti de bateau de pécheur. Lorsque notre tour arrive, on s’aperçoit qu’il faut un numéro, comme chez le boucher du super marché… sauf qu’on doit être 4 ou 5 dans le magasin, que la vendeuse nous regarde, voit bien qu’on est là depuis un moment et passe aux personnes derrière nous qui eux avaient bien pris un ticket. Tant pis pour le saumon, on en trouvera ailleurs !

Cette fois-ci c’est la bonne, on reprend vraiment la route pour la Norvège. On passe d’ailleurs la frontière assez rapidement sans aucun contrôle bien sûr.

Conduire sur l’autoroute n’est pas vraiment intéressant, par contre, dès lors qu’on s’enfonce un peu en Norvège et qu’on prend ce qui doit correspondre à une route nationale, là c’est beaucoup plus sympa. Les montagnes commencent à se dessiner même si on est plus proche des Vosges que des Alpes pour le moment.

On enchaine les tunnels les uns à la suite des autres. On se rend vite compte que la Norvège est le pays du tunnel ! (NDLR à postériori : Cette phrase est carrément un euphémisme)

Au détour d’un rond-point j’aperçois un panneau indiquant qu’on peut vidanger le camping-car. Je me précipite donc pour changer notre itinéraire et y passer car depuis ce midi la cassette des toilettes chimique est pleine et les odeurs sont plus que désagréables. Mais trouver un endroit pour vidanger n’est pas si simple, loin de là. On n’a pas ce souvenir de nos périples en Amérique du Nord.

La station se trouve en fait être un camping. Je tente quand même en demandant à l’accueil et le gars super sympa nous laisse entrer. J’en profite pour remettre tous les réservoirs du camping-car dans leur état initial et on repart.

L’un de nos objectifs du jour était de se poser ce soir pas trop tard pour profiter un peu de notre lieu de camping et avoir le temps de profiter un peu. 

Céline nous trouve donc un camping sauvage sur la route qu’on atteint vers 18h. On se trouve au bord d’un beau lac (lac Mjaugetjorn) bordé d’une forêt de pins. Le seul point qui pourrait déranger, c’est qu’on est prêt de la route mais vu comme on s’est installé, on ne voit plus la route et les voitures ne sont pas très fréquentes.

Et oui, deuxième baignade de la journée !

Et qui dit lac… dit baignade pour Jeanne. J’ai l’impression qu’elle prend l’habitude de se baigner dès qu’elle voit de l’eau. L’eau est un peu froide donc elle restera au niveau des pieds mais tout de même l’intention est là, ce qui est loin d’être notre cas. Encore que, ce soir on a tous était tenté de la rejoindre.

Pendant ce temps, on s’installe complètement pour la première fois du voyage : on sort l’auvent, la table et les chaises de camping. Apéro pour tout le monde (comme tous les jours finalement) pendant que le barbecue chauffe. Pierre nous le réclame depuis un moment !

Je sors le poulet pour le mettre à cuire lorsqu’une odeur pas très agréable se fait sentir. Le poulet est vert et sens la mort… bon bah ça ne sera pas pour ce soir ! On fait quand même cuire le maïs et on terminera le repas avec les chamallows grillés pendant que le soleil se couche en laissant des reflets roses dans le lac.

Il fait beaucoup plus froid ici alors on ne traîne pas dehors très tard ce soir et on rentre se mettre au chaud dans le camping-car pour faire le carnet de voyage pour moi et préparer la journée de demain pour Céline. On a chacun de quoi bosser !

Bilan du jour : 305km – 4h50 de route


Jour 4 : Gunnebo – Hunnebostrand

Les motivés du jour…

Levé un peu avant tout le monde, je vais faire un rapide tour dehors pour voir où on pourra manger ce matin. Comme pour mes randos en autonomie en montagne, j’adore pourvoir manger dans de beaux endroits. 

Je trouve un super lieu pas très loin du camping-car : il y a une table de pique-nique de posée sur un gros rocher un peu en hauteur du lac. La vue est belle, lac et forêt, nous voilà bien en Suède ! 

Finalement, le temps de rentrer préparer le petit déjeuner, le vent s’est levé et souffle assez fort. On préfère rester au chaud et surtout à l’abri du vent pour ce matin.

Malgré tout, après avoir pris le temps de s’occuper un peu de nous et tous passer sous la douche, on part faire une petite balade dans le coin. C’est l’occasion de profiter de la vue sur le lac  tout en marchant un peu en forêt. Tout cela nous amène à un château (officiellement car définitivement les châteaux suédois ne ressemblent pas à des châteaux). En l’occurrence on est plus proche du manoir. 

Étant sans grand intérêt (le manoir-château) on retourne au camping-car pour prendre la route et retourner se garer dans Göteborg, à côté du parc d’attractions d’hier. On sait qu’on peut s’y garer et nous serons à côté du musée d’art Konstmuseum. 

Bon finalement pas si proche que cela puisqu’on l’atteint après 30 minutes de marche. On le fera assez rapidement, même si Pierre et Jeanne ont pris le temps de dessiner certains tableaux comme à leur habitude. Comme souvent, je n’en suis pas ressorti transcendé mais il y avait quelques beaux tableaux, dont un particulièrement (d’un Suédois) qui mettait en scène une fête dans un jardin sous les arbres et dont le rendu du soleil filtré par les feuilles était absolument incroyable. Pour le reste, beaucoup de grands classiques.

Mon coup de coeur (même si cela ne rend pas trop en photo)

Un petit coup de bus pour se rendre dans le centre de la ville et déjeuner. C’est la fête, il y a plein de petites cahutes vendant de la nourriture en provenance des différents pays. La France y est très bien représentée mais on passe chez le Grec pour un Kebbab. L’attente y est très longue mais le résultat est très bon.

Après quoi on prend la direction de l’autre musée du jour, un peu pour les enfants mais aussi un peu pour nous. Le musée Maritiman, ensemble de 12 bateaux à quai de façon permanente et qui se visitent.

Cela va du bateau phare au sous-marin en passant par divers bâtiments dont un gros destroyer. Ce n’est pas le musée du siècle, mais la visite du destroyer et du sous-marin qu’on a vraiment pu faire de fond en comble est très intéressante. Fatiguant car on monte et on descend énormément mais vraiment très intéressante.

De retour au camping-car bien plus tard que prévu on prend la direction de la Norvège sans vraiment savoir encore où on va s’arrêter. Finalement, c’est sur le port de la petite ville de Hunnebostrand qu’on jette l’ancre. On est face à la mer… mais quand même sur un parking. On avait lu qu’on pouvait se mettre où on voulait pour la nuit en Suède mais ce n’est pas si simple que ça de trouver des endroits en pleine nature pour passer la nuit.

Il faut qu’on se cale un peu, qu’on apprenne à trouver des endroits sympas et surtout je me dis que cela sera plus simple en Norvège (NDLR à postériori… pas tant que ça finalement). 

En tout cas, même si on est sur un parking on arrive au moment du coucher de soleil sur la mer. Les couleurs sont magnifiques, la lumière tombante sur les rochers bordant l’eau rend ce moment superbe. Un bel endroit pour passer la soirée.

Bilan du jour : 149km – 2h40 de route

 

 


Jour 3 : Sone – Gunnebo

Comme prévu, ce matin on prend notre petit déjeuner sur la plage, les pieds dans le sable. On est au bord d’un lac tellement grand qu’on n’en voit pas l’extrémité. Le ciel est gris, il y a un peu de vent mais le fond de l’air est plutôt doux.

On s’est levé un peu tôt ce matin car on a encore deux heures de route avant de rejoindre ce qui devait être le cadeau des enfants en fin du séjour. Bon finalement on a décidé de faire notre tour « à l’envers » et donc de commencer par le parc d’attractions de Lisberg. 

En préparant le voyage, l’une des premières choses que Céline a regardé, c’est s’il y avait un parc d’attractions qui valait qu’on y aille… passion, quand tu nous tiens…

On arrive un peu après l’ouverture. On a du regarder un peu comment stationner. Ici quand on prend 2 places de parking (ce qui est largement notre cas avec nos 7m) on paye 2 places de stationnement ! Malgré tout, cela reste moins cher que chez Mickey (je dis ça…) 

On entre dans le parc qui se trouve au cœur de Göteborg vers 11h45. On attaque la journée à fond dès l’entrée dans le parc en s’arrêtant à la première l’attraction : un manège d’éléphants qui tournent à vitesse… réduite. Bon ok, les enfants ont besoin de se chauffer un peu…

A notre tour, on cherche l’Helix, énorme coaster construit à flanc de colline et qui traverse le parc dans la largeur (ou presque). On passe devant, au-dessus, en-dessous, il est assez impressionnant et totalement imbriqué dans une multitude d’autres attractions. Par contre impossible d’en trouver l’entrée. Tant pis, on se rabat sur les bûches, les enfants les réclamaient.

L’horaire inhabituel du parc, 11h-23h, nous a surpris au début et finalement on est resté jusqu’à la fermeture. L’avantage ,c’est qu’on a pu ressortir pour aller manger et faire une petite sieste dans le camping-car dans l’après-midi, de quoi nous requinquer pour le reste de la journée.

Les enfants ayant grandi, ils font maintenant beaucoup plus d’attractions. Résultat, nous avons passé une très grande partie de la journée dans le monde des enfants. On a même passé plus de temps pour eux que pour nous, c’est bien une première. 

Pierre reste prudent sur les attractions qu’il fait. Certaines sont exclues catégoriquement (trop rapide ou trop la tête en bas) alors que d’autres se laissent apprivoiser avec un peu de réflexion et à cause de sa sœur qui le pousse un peu). 

Il ne fait pas le malin le poulot dans la grande roue

Jeanne elle, fera toutes les attractions qu’elle pourra faire. Et à part un coaster un peu trop adulte qui lui aura fait peur, elle aura adoré toutes les autres. Au point que Pierre conclura : « C’est vraiment pas ma sœur ». Peut-être mais c’est sûr que c’est notre fille ;o)

De notre côté, on a beaucoup aimé le parc. Un petit côté Tivoli de Copenhague mais avec des coasters un peu plus récents. Le dernier en date, le « Valkyrie » était vraiment énorme. Le mieux du parc. Coaster classique mais il se différencie au début avec une descente vertigineuse et verticale inculquant une accélération impressionnante. Le petit plus : le train reste bloqué toute en haut de la descente lorsqu’on a déjà entamé celle-ci. On est donc la tête en bas pour savourer ce qui nous attend.

On a finalement trouvé l’Helix, très bien mais qui m’a tout de même fait un peu mal à la tête avec des accélérations très fortes et des jets assez importants je pense.

Et la bonne surprise de fin de journée, découverte grâce à Céline car je ne l’aurais pas fait c’est le « Loke », gros disque tournant sur lui-même se balançant au bout d’un énorme bras faisant des allers/retours. Là aussi on doit se prendre un paquet de jets…

Bref, très bon parc à taille humaine, de bonnes (voir très bonnes) attractions, peu d’attente (entre 10 et 30 min), un décor soigné mais sans vraiment de thème, un personnel gentil mais, ou plutôt je devrais dire MAIS, pas de child switch. Ils n’ont même pas l’air de connaître le concept ici. Quand tu as des enfants, l’un des parents fait la queue pendant que l’autre s’occupe des enfants et après on change… et on refait la queue. C’est la première fois qu’on voit ça et on commence à avoir une certaine expérience des parcs maintenant (on en a dénombré une vingtaine).

Un peu avant 23h alors que le parc commence doucement à s’endormir on lui dit au revoir et on prend la direction de notre couchage du soir. Un peu à l’extérieur de Göteborg, à Gunnebo exactement, sur un petit parking face à un lac. Évidemment, à minuit passé on ne va pas en profiter ce soir mais on se dit qu’on sera content demain matin.

Les enfants ont tenu la journée, alors autant dire qu’attendre que les pâtes cuisent c’est un peu difficile mais promis, après on les a laissé tranquilles ;o)

Bilan du jour : 179km – 3h00 de route