Jour 21 : Lac Svegssjön – Uppsala

Pas facile de se lever ce matin. D’abord parce qu’il est tôt mais surtout parce qu’on est vraiment bien ici. Malheureusement, le départ pour la France approche à grand pas et il nous reste plus de 500 km à faire pour aller rendre Bernard.

L’objectif d’aujourd’hui est double : aller visiter les mines de Falun et faire le plus gros du trajet pour garder du temps mardi tranquillement sans la pression du timing pour rentrer.

On laisse donc derrière nous notre belle plage privée pour aller faire une pause à Rattvik et son célèbre ponton. Céline a lu dans plusieurs blogs que c’était un peu le point d’orgue de la visite en Suède… N’ayant pas beaucoup visité la Suède et comme c’est sur notre route, il fallait absolument qu’on y passe. Et comme on dit, on est venu, on a vu et on l’a eu dans le… enfin on est reparti. C’est certainement difficile de passer après la Norvège mais quand même… je suis content qu’on ait passé la majeure partie de notre voyage dans le pays d’à côté. 

Et puis la totalité de la route que j’ai faite aujourd’hui ne m’a pas emballé non plus. Des sapins tout du long. C’est plutôt monotone, même si de temps en temps il y a de beaux lacs pour agrémenter le paysage.

Bref, on arrive à Falun sur l’heure du déjeuner pour une visite à 15h. On prend donc notre temps pour manger et faire une micro sieste avant d’aller prendre nos billets. Mais ce qu’on ne savait pas c’est qu’il y avait d’autres choses à visiter que la mine comme un musée très bien fait et très ludique pour les enfants ou d’anciens bâtiments d’époque. On a eu le temps de visiter le musée pendant 30 minutes avant notre visite guidée mais il fermait à 16h tout comme les bâtiments d’époque. Soit à l’heure de notre sortie de la mine. Dommage, le peu qu’on ait vu du musée était vraiment super et on aurait aimé en voir un peu plus du fonctionnement de la mine.

Bref, on visite tout de même la mine de Falun qui est (en fait était) une mine de cuivre (puis plus tard d’autres minerais seront découverts dont un peu d’or). C’est la plus grosse mine de cuivre du monde et remonte à environ 1000 ans. Elle n’est fermée que depuis 1992 sauf pour l’extraction de roche permettant de faire du pigment rouge, devenu très célèbre en Suède puisqu’il est utilisé sur la quasi-totalité des maisons du pays.

La mine est exploitée sur plusieurs centaines de mètres de profondeur avec plus de 30 km de galerie. Évidemment on en a fait qu’une infime partie mais c’était vraiment très intéressant.

 

Après la visite, on reprend la route pour se rapprocher au maximum de notre destination finale. En ligne de mire si j’ai assez la forme (ça fait beaucoup de route aujourd’hui) Uppsala. La ville semble mignonne et il y a un IKEA là-bas. Ça fait partie des « must have » que Céline veut faire avant de partir. 

On arrive là-bas vers 19h30 et c’est la première fois qu’on tente de passer la nuit dans une ville. On passe au premier parking qu’on avait repéré mais impossible de se garer, on est trop gros. Il y a des contrôleurs en train de verbaliser alors on en profite pour savoir où on peut se garer. Globalement pas dans la ville mais heureusement il y a une « lovely place » et en plus c’est gratuit. Top ! On y va. 

Mais ça commence à faire un peu loin de la ville. Et plus on s’approche, plus on se rend compte qu’en fait on va être à côté de la station d’épuration. En passant à côté les odeurs sont intenables. On pousse quand même jusqu’au parking pour tomber sur un endroit coincé entre la station d’épuration et une zone d’activité qui ressemble plus à une décharge de bateaux. Bref, le temps de regarder où on peut trouver un autre parking et on repart.

On termine finalement sur le long d’un canal un peu à l’extérieur du centre de la ville qu’on voulait visiter mais on est garé et exténué. Pas de visite ce soir on veut juste manger et dormir. 

Et je pense qu’on a dérangé le lieu de rendez-vous des dealers du coin… j’espère qu’on sera tranquille pour la nuit.

Bilan du jour : 461km – 6h40 de route


Jour 22 : Uppsala – Bréthencourt

Cette fois nous y voilà, c’est le dernier jour des vacances. Au programme : IKEA ! Après avoir terminé nos préparatifs en fermant nos valises et en vidant Bernard, nous voilà en route pour aller chez LE Suédois en Suède. 

Au final, rien de folichon comme on pouvait s’y attendre. Le canapé Ektorp s’appelle bien Ektorp, de même pour les étagères Billy… bref, exactement la même chose que chez nous au détail près que le plateau est bien plus ouvert ici. Toutes les parties communiquent entre elles, là où en France il n’y a guère plus que 2 raccourcis sur tout le parcours pour éviter la salle de bain…

On passe rapidement dans un outlet Stadium où Céline trouve de quoi refaire une partie de sa garde-robe de course et de ski avant d’aller tester une chaîne de hamburger local : Max. Bon mais sans plus. En tout cas pas mieux que McDo pour se donner une idée. Par contre, très large choix de sandwichs végétariens et même végans.

Après quoi, en retourne chez Touring Car rendre Bernard à sa famille avec une certaine émotion. Il aura un peu fait partie de notre famille pendant ces 3 semaines… En tout cas on n’aura jamais eu un camping-car aussi bien.

Et finalement demain on ne travaille pas… heureusement car on rentre à la maison vers minuit… la reprise aurait été difficile.


Norvège : le bilan

Un bilan sous forme de liste pour ce voyage. On a fait tellement de choses et toutes absolument géniales que c’est difficile de résumer ou de sortir un « best of ». Alors voici quelques idées qui nous viennent une petite semaine après notre retour :

Ce qu’on a vraiment aimé :

  • La lumière
  • La variété des paysages
  • Un pays vraiment adapté au road trip (toutes les routes sont belles)
  • Snohetta Vieux point, un lieu incroyable 
  • Les bœufs musqués
  • Le « safari » sur le plateau Flatruet pour aller voir les rennes
  • L’architecture des installations touristiques très bien intégrées dans les paysages
  • Les cabanes pour acheter des fruits
  • La matinée « truite arc en ciel »
  • L’application Park4Night pour trouver des lieux de couchage en camping-car
  • Pas de décalage horaire
  • Personne de malade… sûrement une première
  • Et bien sûr Bernard, inoubliable membre du voyage

Ce qui était un peu moins bien :

  • On n’a pas pu faire de kayak sur les fjords (à cause du prix)
  • On n’avait pas pris de canne à pèche
  • Le cubi de vin était trop petit :o)
  • Les campings « sauvages » sont souvent en bord de route (il y a peu de réseau routier secondaire)
  • Une langue incompréhensible (écrite comme parlée)
  • Et puis c’est très cher quand même

Les quelques bizarreries qu’on a rencontrées : 

  • Les tunnels (très longs, en colimaçon, avec des ronds-points au milieu)
  • 1 voiture sur 10 est une Tesla (j’exagère un peu mais pas tant que ça)
  • Pas possible d’acheter de l’eau à Göteborg (une fontaine à eau était dispo pour favoriser l’utilisation de matériel réutilisable)

Bilan global : 4200km – 80h00 de route


Aiguilles rouges : Carte d’identité

Destination : Chamonix – tour des aiguilles rouges
Tour operator : voyage organisé par Sébastien
Date : 14 au 19 juillet 2018
Particularité : Voyage en solitaire et autonomie
Auteur du récit : Sébastien

Résumé du voyage : 

5 jours dans le massif du Mont Blanc. 3 en autonomie complète pour le tour des aiguilles rouges et des Fiz et 2 autres en randonnée à la journée pour le refuge Albert premier et « La Jonction ».

Un séjour dans les montagnes génialissime qui n’a comme seul inconvénient que l’envie, voire le besoin, d’y retourner rapidement.


Jour 1: Montée au lac Blanc

Ca faisait quelques temps que je me demandais si partir seul randonner me plairait. L’occasion s’est présentée, alors j’en ai profité pour tester 5 jours autour de Chamonix. Après de long mois de préparation, je me suis arrêté sur le format de 3 jours en autonomie complète pour faire le tour des aiguilles rouges, rallongés au dernier moment par 2 jours en randonnée à la journée au départ de Chamonix.

Nous sommes donc le 13 juillet, veille de départ et j’hésite encore à partir. J’ai prévu d’y aller en voiture pour être encore plus autonome et annuler si la météo n’était pas favorable… et la météo n’est pas très favorable. Cela fait une semaine qu’ils prévoient de la pluie sur mes 3 premiers jours. Une pluie qui n’est pas sur toute la journée mais qui est quand même bien présente.

Finalement, à 22h je prends ma décision. Je suis épuisé d’une semaine de boulot intensif et j’attendais trop cette semaine pour l’annuler. Je pars faire mon sac en vitesse et me prépare pour un départ matinal le lendemain.

Samedi 14h juillet, jour de fête nationale. Je pars plus tard que prévu car je dois aller à la poste pour prendre mon colis de nourriture lyophilisée et ma bouteille de gaz qui m’attendent… oui mais aujourd’hui c’est férié et la poste est fermée !!! Ca je ne le l’avais pas du tout anticipé.

Tant pis, je pars quand même et je m’arrête chez Décathlon. Heureusement je trouve de quoi me dépanner. Ce n’est pas ce que j’avais commandé mais c’est ça ou j’annule ma rando.

7 heures plus tard avec un beau bouchon sur la route, j’arrive à Chamonix. Je me gare sur le parking du téléphérique de la Flégère comme prévu. Je me change, je prends mon sac et à 17h je pars pour ma première (petite) étape. Au programme, relier le lac Blanc à 2350 mètres d’altitude.

Je m’élance sous le téléphérique dans une forêt de conifères. La température est relativement fraîche dès lors que je suis sous les sapins. Je progresse tranquillement, je ne veux pas me fatiguer dès le premier jour.

Je croise rapidement un agneau qui est perdu. Il me suit pendant un petit quart d’heure en bêlant. Je ne sais pas si c’est à moi qu’il s’adresse ou s’il appelle son troupeau.

La lumière dans la forêt en cette fin d’après-midi est très jolie.

Au bout d’une heure et demie j’arrive en haut du téléphérique. 800 mètres de dénivelé dans un paysage classique de forêt. Sympa mais je ne suis pas là pour ça non plus :o)

Après le téléphérique, le paysage change. Au-delà des 1800 mètres on voit nettement la limite de vie des conifères. Ici c’est beaucoup plus rocailleux. Il y a de l’herbe, des fleurs mais plus d’arbre.

Sur cette deuxième partie je croise quelques bouquetins, dont deux tout juste sortis du ventre de leur mère. Adorable. J’entends également pas mal de marmottes dans ce terrain rocailleux sans vraiment les voir. J’aperçois une queue qui disparaît fugacement mais rien de plus.

A 20h et après 1300 mètres de dénivelé j’arrive au lac Blanc. Pendant la préparation de mon voyage j’avais vu des photos de ce lieu et je voulais absolument y passer la nuit. Évidemment je ne suis pas seul. Beaucoup d’autres randonneurs sont venus passer la nuit ici (une bonne dizaine de tentes) pour prendre des photos. C’est un lieu bien connu pour cela.

Après les 7 heures de route et la montée, je suis bien fatigué. Je m’installe rapidement et fais une toilette bien méritée dans le lac… lac où la neige et la glace sont encore bien présentes. Ca donne une idée de la température de l’eau. Pour autant avec la chaleur de la montée ça fait beaucoup de bien.

Le lieu est très beau. La neige est encore très présente un peu partout et j’ai une vue directe sur le Mont Blanc… enfin j’aurais une vue sur le Mont Blanc s’il n’y avait pas autant de nuages.

Je mange rapidement sous quelques gouttes et en entendant le tonnerre qui commence à gronder. Je me dépêche de terminer et m’installe pour la nuit. Il est à peine 21 heures mais je suis à bout de fatigue. Je me roule dans mon duvet pour commencer ma nuit…

Malheureusement je suis réveillé rapidement. Un énorme orage éclate… le bel orage de montagne qui tonne fort et déverse des litres d’eau en quelques minutes. La fatigue aidant je somnole sans vraiment me réveiller jusqu’à sentir mes pieds qui commencent à mouiller… ça, c’est pas normal.

Je me contorsionne dans la micro tente pour regarder ce qu’il se passe et ma main s’enfonce dans 1 bon centimètre d’eau. La tente est légèrement en pente ce qui fait que la moitié est sous l’eau pendant que l’autre est au sec. J’ai donc 2 options alors qu’il est 23h30 : sortir pour vider la tente et tenter de sécher ce que je peux ou continuer de dormir en chien de fusil sur la moitié sèche de la tente.

Je préfère l’option n°2… Mais je peux vous garantir que passer une nuit entière les jambes pliées c’est très loin d’être confortable. Évidement j’ai très mal dormi.