Jour 10 : Arland – Bergen – Voss

Aujourd’hui on a prévu de faire la visite de Bergen. On ne fait pas beaucoup de villes pendant ces vacances mais quand on a l’occasion et qu’elles ont l’air joli, on ne s’en prive pas.

Du coup, comme on n’est pas trop loin et qu’on a la journée, on a fait une nouvelle grasse matinée ce matin. Et puis franchement j’en avais besoin. J’étais complètement KO hier toute la journée. Une envie de dormir presque permanente.

C’est donc à 9h que Pierre s’est levé pour préparer la table du petit déjeuner et venir ensuite me réveiller. Adorable. 

Parti dans le premiers du lieu de couchage (ils décollent vraiment tard dans ce pays le matin) on roule une petite demie heure jusqu’à la ville d’Arna pour garer le camping-car. On est à 30 minutes de Bergen en voiture mais se garer dans la ville est très compliqué. Et puis d’ici on a 9 minutes de train donc le calcul est vite fait.

Bergen est la 2ème ville de Norvège (pas d’inquiétude, moi non plus je n’avais jamais entendu parler de cette ville avant ;o) Évidement en une journée on ne visite pas toute la ville, on s’est contenté du quartier de Bryggen là où s’était établie la ligue hanséatique (je vous laisse regarder sur Wikipédia ce que c’est pour faire un peu votre culture).

La ville est vraiment jolie, les maisons toutes en bois et imbriquées les unes dans les autres à flanc de montagne sont superbes. 

L’ambiance générale est vraiment agréable. On se balade toute la journée dans la ville, on grimpe même un peu pour prendre de la hauteur au niveau du funiculaire mais la vue des grandes villes de haut n’est pas ce qu’on préfère.

Retour à la gare vers 17h30 pour prendre notre train de retour et retrouver Bernard qui nous attendait tranquillement.

Ce soir on dort à Voss (pas beaucoup de lieux de couchage sur la route entre Bergen et Voss) où Céline nous a encore dégoté un super endroit avec une vue magnifique sur les hauteurs de la ville (qui est une station de ski). On est donc en plein milieu des chalets en bois. Pas sûr qu’on ait le droit d’être là mais on tente le coup. Au pire on viendra nous déloger et on redescendra un peu plus bas.

Bilan du jour : 110km – 2h10 de route

Qui c’est qui a un petit truc à compenser ???


Jour 11 : Voss – Gudvangen

La bonne nouvelle c’est qu’on ne s’est pas fait déloger de notre super endroit hier soir ou cette nuit. Par contre dès 6h30 un énorme camion (vu de mon demi-sommeil) a commencé à faire ses allers/retours pour redescendre de la terre. Ils attaquent les travaux assez tôt ici ! Evidemment, cela ne nous a pas empêché de dormir encore un peu.

Au réveil, la pluie de la nuit s’est arrêtée mais elle n’est pas très loin et les nuages sont à peine au-dessus de nous. 

Hier soir, Céline m’a dit qu’elle s’était renseignée pour que je puisse faire mon saut en parachute, vous vous souvenez, celui que j’ai eu en cadeau il y a… 4 ans ? Je ne sais même plus, bref, celui que j’avais déjà failli faire au Canada mais annulé à cause des incendies de forêts en Californie.

Non ce n’est pas la construction de l’USS Enterprise

Voss est à peu près le seul endroit en Norvège où on peut faire ce genre de sport. Bon, vu la météo très couverte j’abandonne assez rapidement le saut en parachute mais je me rabats sur du parapente au-dessus d’un fjord. On part au « bureau » de l’organisateur (tente sur la pelouse le long du lac) mais il m’annonce qu’il y a trop de nuages, il ne saute pas aujourd’hui et que la météo pour demain n’est pas très bonne non plus. Décidément, je n’ai pas de chance avec ce saut !

Deuxième déception dès le matin, on voulait faire de la pêche en famille sur un lac. On part en bateau, on pèche et on mange le résultat de notre pèche au barbecue. Idée excellente mais c’est uniquement le mercredi… Céline désespère, tout ce qu’elle avait prévu prend l’eau.

Tant pis, on attaque le reste de la journée comme c’était prévu. D’abord direction Vik pour emprunter l’E13 (toujours elle) qui est très belle. On passe dans des montagnes décharnées où seuls quelques rochers subsistent. Evidemment, on est encore sous la pluie, il y a beaucoup de nuages mais la route est très belle.

L’autre raison d’aller à Vik c’est d’aller voir une autre église en bois debout, celle d’Hopperstad. Elle est superbe avec des sculptures de dragons à tous les étages. Son état est parfait suite à une restauration et l’intérieur est assez typique avec ses énormes arbres debouts (d’où le nom) servant de piliers de maintien à l’église. Très belle, cela valait la peine qu’on fasse autant de route pour lui rendre visite.

Après ce petit arrêt, on descend dans le village de Vik pour y faire un petite balade et manger. L’endroit n’a pas un grand intérêt si ce n’est la rue en front de fjord avec le petit port et les quelques maisons colorées qui donnent un aspect assez sympa à un village qui finalement n’a rien d’autre à proposer. 

Comme c’est un peu la journée de la loose aujourd’hui et que la pluie ne veut pas nous laisser tranquille, on décide de faire nos Norvégiens et de partir en randonnée malgré tout.

On se gare donc sur les bords du lac Malsetevatnet et c’est parti. On part tous équipés de polaires, de coupes vent, voire de bonnets et d’écharpes pour une petite balade de 2 heures. 

Après avoir eu un peu de mal à identifier le début du chemin (on n’est pas sur un GR français…) on monte en pleine pente. Avec toute la pluie qu’il y a eu ces derniers jours, le chemin s’est transformé en ruisseau. On a beau faire attention, les chaussures se mouillent progressivement pour finir après quelques dizaines de minutes complètement trempées.

Les enfants n’apprécient pas forcement cette marche sous la pluie et dans le froid mais marchent bien malgré tout (6° au départ de Bernard… oui ce sont bien nos vacances d’été !). Sans but précis, on voulait avec Céline passer sur les crêtes pour voir le paysage de l’autre côté de la montagne. Mais comme souvent en montagne on a l’impression que le sommet est juste en haut de la petite butte… mais il y a toujours une autre petite butte derrière :o) et ça Pierre ne l’a pas trop apprécié :o/ 

Après une heure de montée on capitule et on délivre les enfants de la souffrance… enfin une partie de la souffrance car maintenant il faut redescendre et là ce n’est pas gagné ! Il faut user de tous les stratagèmes pour leurs faires penser à autre chose, particulièrement Pierre qui a froid et en a vraiment marre. Il rêve de vacances à la mer où il pourrait visiter quelques musées, églises et châteaux et pourrait manger dans un buffet à tous les repas. Les vacances parfaites ne tiennent pas à grand-chose.

 

Heureusement Bernard était là pour nous attendre à notre retour. On lance le chauffage, on se change tous et on fait chauffer le chocolat chaud. Qu’est- ce qu’on est content d’avoir un camping-car !

Remis de cette aventure humide (il va nous falloir une semaine avant de retrouver des chaussures sèches…) on reprend la route pour Gudvangen où nous devons prendre un ferry demain matin pour faire une mini croisière dans un fjord… enfin si tout se passe bien cette fois !

Bilan du jour : 159km – 3h40 de route


Jour 12 : Gudvangen – Mulden

Après la journée un peu en demie teinte d’hier, on a placé pas mal d’ambitions sur celle d’aujourd’hui, à commencer par une petite croisière d’une heure et demie sur l’un des bras du fjord Naeroyfjord. Problème, on n’est pas sûr des horaires car il manque cruellement d’information sur place. Céline a trouvé des choses sur internet mais on n’est pas complètement sûr.

Et puis Bernard ne peut pas venir avec nous donc il faudra que je prenne un bus pour venir le chercher.

Du coup levé tôt, 7h pour pouvoir être prêt à partir à 8h30 lorsque le ticket office ouvrira. A 8h15 on voit arriver un bateau incroyable, flambant neuf avec des baies vitrées gigantesques. Il part pour Flam, notre destination dans 15 minutes. Parfait ! 

On monte dedans (on découvre qu’il est en carbone et 100% électrique) et lorsqu’on nous donne le prix on est à deux doigts de s’étouffer. C’est 2 fois plus cher qu’un bateau normal alors on redescend… 

On passe au ticket center dès l’ouverture et on apprend que le prochain départ est à 10h30… ça ruine quand même pas mal notre journée qui était déjà bien chargée en partant à 9h. Là, à ce moment précis, on sent que la journée repart comme hier. 

En sortant sur le port Céline voit un nouveau bateau accoster. En se rapprochant elle voit le logo du site internet sur lequel elle avait trouvé des infos pour un bateau partant à 9h. Bingo ! On a notre bateau pour Flam.

 

 

Le bateau n’est pas très grand comparativement à celui d’avant mais on n’est pas beaucoup non plus donc ça tombe bien. A part nous, il y a un groupe d’asiatiques d’une quinzaine de personnes qui a passé la moitié de son temps à photographier les paysages et l’autre moitié à prendre Jeanne en photo.

La croisière dure donc 1h30.  On reste en haut du bateau à l’air libre durant tout le trajet pour profiter au maximum de la vue magnifique qui s’offre à nous. Difficile de trouver d’autres mots que ceux déjà employés pour décrire les paysages qu’on rencontre. Ils sont tous magnifiques. Les couleurs, la lumière du soleil qui n’est pas là mais pas très loin, les cascades par dizaines qui se succèdent les unes à la suites des autres en étant toutes plus grandes que la précédente… bref,s un voyage inoubliable à travers ce fjord considéré comme l’un des plus beaux de Norvège (oui je sais je me répète mais c’est pas moi qui le dis…).

Arrivé à Flam je prends un bus pour récupérer Bernard et revenir là où le bateau nous avait laissés pour, cette fois-ci, récupérer Céline et les enfants.

Pour la suite, on met le cap vers Mulden, point de départ de notre randonnée du jour. En chemin (toujours magnifique) on prend toujours plus de tunnels… et les tunnels je commence à en avoir un peu marre. Surtout qu’aujourd’hui on a emprunté le plus long tunnel du monde (en ne considérant que les tunnels pour voitures) d’une distance d’un peu plus de 25 km. Il est tellement long qu’ils ont placé sur le chemin, à 3 reprises, des grands espaces où on peut s’arrêter et éclairés d’une lumière bleue qui a la particularité d’empêcher de dormir. C’est la même lumière que celle utilisée dans les boîtes de nuit.

Il faut 22 minutes pour traverser le tunnel… c’est difficile d’imaginer ce que ça fait 22 minutes dans un tunnel mais c’est vraiment très long. J’étais content d’en sortir.

Arrivé à Mulden, on prend notre déjeuner et on part pour la randonnée. Au programme, 7,5 km et 600m de d+. Pas mal pour les enfants, surtout avec celle qu’on a faite hier où les conditions n’étaient pas terribles.

D’ailleurs on leur a vendu la journée comme étant celle du beau temps et qu’il fallait absolument en profiter pour faire plein de choses et randonner. Au moment où on met les chaussures pour partir il se met à pleuvoir… là, la motivation en a pris un très gros coup.

Heureusement le ciel était clair et il y avait du ciel bleu pas loin, signe annonciateur d’une petite pluie isolée. Et effectivement, quelques minutes après notre départ on a dû rentrer nos coupes vent car le soleil était revenu.

La balade d’aujourd’hui nous fait traverser une forêt avant de nous emmener sur une montagne plus décharnée. La hauteur n’est jamais très importante mais on monte suffisamment haut pour avoir une vue extraordinaire sur le fjord au-dessous de nous.

La montée est un peu longue, bien plus que prévue (d’ailleurs les enfants capitulent quelques centaines de mètres avant la fin). Mais de là où on s’est arrêté on a une vue panoramique incroyable sur le fjord d’un côté et le glacier qu’on fera demain de l’autre. Le ciel n’est pas complètement dégagé mais les nuages procurent une belle ambiance au paysage. On voit même des bancs de pluie traverser le fjord juste devant nous mais sans jamais venir nous ennuyer.

On fera l’aller/retour en 4h15, un peu plus que prévu mais ce n’est pas si mal. Surtout, les enfants ont tout fait sans même se plaindre, pas de raloutage, rien ! Ils ont vraiment bien marché du début à la fin (y a juste Pierre qu’en avait un peu marre à la fin de la montée car à chaque fois on lui disait : regarde on y est presque, on arrive en haut juste là… et juste là il y avait une autre montée. Au bout de la troisième fois il nous a un peu envoyé nous faire voir ;o)

On compare cette randonnée à celle que nous avions fait au Canada avec le même dénivelé et qui surplombait un énorme lac. Céline préfère celle d’aujourd’hui… pour ma part je ne sais pas encore ,mais ce qui est sûr, c’est que celle d’aujourd’hui était magnifique, dans la continuité de tout ce qu’on fait depuis 1 semaine et demie.

Ce qui est incroyable dans ce pays, c’est la quantité de beaux (très beaux en fait) paysages qu’il y a. A chaque fois qu’on fait quelque chose on se dit que ça y est, on a atteint le paroxysme du voyage… mais à chaque fois il y a un lendemain. 

On est de retour auprès de Bernard vers 19h alors après un peu de réflexion et de recherche d’endroit pour dormir on se décide à rester ici. L’endroit n’est pas très joli mais on est au calme en pleine forêt, loin de toute route. Ce n’est pas si mal pour se remettre de cette grosse journée car demain, ça ne devrait pas être mal non plus.

Bilan du jour : 110km – 2h00 de route


Jour 13 : Mulden – Parc national de Jotunheimen

Encore un réveil matinal aujourd’hui. A 7h le réveil sonne car Céline a vu qu’il fallait aller au glacier Jostedalsbreen assez tôt le matin pour éviter la foule des cars venue en masse faire la même balade que nous (à moins que cela ne soit le contraire). 

Au réveil, le soleil n’est pas très loin mais le ciel reste chargé. Plus qu’ailleurs, on ne peut pas vraiment compter sur la météo en Norvège, c’est bien trop changeant. Et puis il nous reste une petite heure de route donc de toute façon tout peut changer d’ici là.

Préparation organisée, on est maintenant bien rôdé ! A 8h15 on part pour le glacier et on arrive moins d’une heure après. Le parking pour se garer est presque vide… ça c’est une bonne nouvelle, on sera tranquille.

En arrivant sur le site, on voit le glacier se rapprocher doucement se laissant découvrir progressivement. On voit très bien la longue langue Nigardsbreen serpentant vers le lac un peu plus bas. On sent le gros potentiel de ce glacier qui est le plus grand d’Europe.

C’est donc parti, Céline et Pierre devant et moi avec Jeanne un peu derrière. Le terrain n’est pas évident pour elle (comme sur les autres randonnées) à cause des rochers qu’il y a un peu partout sur le chemin. Et ici plus qu’ailleurs, les rochers sont extrêmement glissants, je suis obligé de lui tenir la main sur tout le trajet.

On commence par longer le lac dans lequel se reflète la montagne comme sur un miroir. Le lac nous fait clairement penser au canada avec sa couleur vert laiteuse. C’est superbe. 

Toute la première partie qui longe le lac et revient jusqu’au pied du glacier n’est pas la plus facile pour les enfants, ni la plus agréable. La suite est bien plus intéressante, en plus on a une vue permanente sur le glacier. Ça donne le but à atteindre.

Après une bonne heure 1/4, nous voilà au pied de la langue du glacier, on peut presque la toucher. Les couleurs sont magnifiques, on est loin de la mer de glace qui est grise et reflète malheureusement plus un glacier à l’agonie qu’un glacier en pleine forme. Ici c’est clairement le contraire. Il y a peu de gris sur le dessus et toute la partie frontale est blanche et d’un bleu glacial qu’on ne peut voir que sur les glaciers. J’adore les glaciers !

On avait la possibilité de faire une rando dessus en étant accompagné. On a hésité mais c’est accessible qu’à partir de 6 ans… on s’est dit que pour Jeanne c’était peut-être un peu limite (à condition qu’ils aient accepté de la prendre ce qui n’était pas gagné). Et puis quitte à faire une rando sur le glacier, il aurait fallu faire celle de 3 heures où on entre à l’intérieur. Celle d’une heure devait être plus superficielle.

On reste en haut du glacier un bon 3/4 d’heure je pense avant de redescendre. Sur la fin la fatigue se fait bien sentir. Il y a quelques chutes sans gravité mais on sent qu’il est temps de terminer. D’ailleurs, comme les 2 derniers jours, je termine la rando avec Jeanne dans les bras, pas pendant très longtemps mais juste ce qu’il faut pour aller un peu plus vite et éviter les derniers mètres de trop qui pourraient mal se finir. Elle n’est jamais demandeuse, elle marche très bien mais je pense que c’est plus prudent.

Arrivé à Bernard, on a tous très faim alors on prépare les sandwichs et on mange dehors devant le spectacle qui nous est offert… y a pas mieux ! On profite qu’il ne fasse pas froid ce midi car ces derniers jours ça n’a pas toujours été le cas.

Pour le reste de l’après-midi Céline avait encore prévu du lourd, une balade en kayak sur le fjord qu’on avait vu hier du haut de notre randonnée. La série du pas de chance continue, le loueur est fermé. Est-ce parce qu’on est dimanche ou parce que la saison est terminée ? On ne sait pas mais l’activité tombe à l’eau. On espère pouvoir le faire ailleurs car les enfants comme Céline le réclament beaucoup.

On hésite sur la suite à donner à la journée avec ce nouvel imprévu, d’autant qu’il faut faire les vidanges des eaux (et remplir les réservoirs) de Bernard sinon on ne pourra pas prendre de douche ce soir.

Après un temps de réflexion on décide de continuer sur notre chemin même s’il n’y a pas de quoi faire pour Bernard. On pare au plus urgent en remettant de l’eau propre (puisée dans le torrent, si si !!) afin de pouvoir prendre une douche. Et finalement, on trouvera de quoi vidanger plus loin.

Pour continuer notre périple, on emprunte la route touristique Sognefjell qui passe dans le parc national de Jotunheimen. La route en elle-même est encore et toujours magnifique mais elle commence à varier un peu cette fois-ci car on attaque la chaîne de montagne la pluie haute de Norvège avec des sommets culminant à presque 2500 mètres d’altitude.

Alors que j’enchaîne les virages en épingle à cheveux à vitesse réduite mais permettant à Bernard d’avancer, on tombe d’un coup et sans avoir été prévenu sur des montagnes enneigées. Mais pas de neige éternelle, non, de neige fraîche d’aujourd’hui ou peut être d’hier. Et le phénomène n’est pas du tout isolé car en avançant on découvre plusieurs sommets blanchis par une première neige. Nous approchons doucement de la fin août et les montagnes norvégiennes préparent déjà leur saison d’hiver. La belle saison ne dure pas très longtemps ici.

seuls au monde…

On commence à regarder pour dormir quelque part dans le coin. Céline a plusieurs propositions. On s’arrête à la première, un parking le long de la route nationale. Le parking en lui-même n’a aucun intérêt bien sûr mais on se trouve en face des 2 plus hauts sommets de Norvège. On hésite un peu mais ça ne me dit pas trop. Entre la route et les sommets qui sont sous les nuages, je pense que l’autre endroit qui est à l’écart de la route sera plus sympa.

On poursuit donc un dizaine de minutes avant d’emprunter un « chemin de service ». C’est clairement indiqué au début du chemin, la qualité de la route n’est pas terrible. Effectivement, mais c’est largement carrossable alors on poursuit. 

On descend sur environ un kilomètre en s’enfonçant dans la montagne loin de tout. Il y a bien longtemps qu’on ne capte plus rien au téléphone ici. On arrive sur le lieu de bivouac identifié mais il est déjà pris par un autre camping-car… mince !! 

Où est Bernard ?

Là on hésite un peu car la « route » continue mais on ne sait ni où ni sur combien de kilomètre. On ne sait même pas quand on pourra faire demi-tour. Tant pis, on tente, on n’est pas venu jusqu’ici pour s’arrêter maintenant, le paysage est bien trop beau.

On poursuit encore un peu et on trouve quelqu’un d’autre d’arrêté pour la nuit… ça confirme qu’on peut continuer et espérer trouver un autre place. On poursuit encore, on s’enfonce dans la montagne dans un petit chemin depuis 15 minutes maintenant sans savoir où cela nous mène. Et là sans prévenir un énorme lac émeraude apparaît au pied de montagnes enneigées. Il faut absolument qu’on trouve une place ici.

Chose qu’on finit par réussir. C’est un peu limite mais je ne pense pas qu’on vienne nous déloger ici. On est installé sur le plus beau site de nos vacances (avec celui des moutons). Et en plus on est arrivé relativement tôt pour une fois. On en profite pour se balader un peu, jouer, prendre les douches… et pour une fois, prendre notre temps. Il fait froid (5°), il va faire sûrement très froid cette nuit dans le camping-car mais on est bien. On est dans la nature en famille avec Bernard loin de tout… on est bien.

Bilan du jour : 151km – 3h45 de route


Jour 14 : Parc national de Jotunheimen – Geiranger

Quel bonheur de se réveiller dans cet espace au milieu de la nature, loin de tout et de tout le monde. Le calme. Seul le vent assez fort vient perturber le silence nous entourant.

Encore un lever à 7h ce matin. Pas de raison particulière cette fois-ci mais l’envie d’avancer rapidement vers Geiranger pour organiser la suite. Si le réveil à cette heure-là se fait plutôt bien, sortir du lit est autre chose. Il fait 4° dehors et 8° à l’intérieur de Bernard… la nuit a été plutôt fraîche mais étrangement les fines couettes que nous avons sont vraiment chaudes. Heureusement tout de même pour le lever, Bernard a le chauffage.

Après notre préparation matinale habituelle, on lance Bernard dans la montée pour rejoindre notre route initiale. En montant, les quelques flocons qui voltigeaient pendant notre petit déjeuner commencent à se multiplier. Plus on monte et plus ils sont présents. Lorsqu’on rejoint la route principale pour Lom, on est en pleine tempête de neige. A 1400 mètres d’altitude un 27 août il fait 0°C et c’est la tempête de neige !

C’est amusant car c’est la troisième fois que nous faisons des vacances en camping-car. Une fois dans les grands parcs de l’ouest américain, une fois au Canada et maintenant en Norvège. Les trois fois nous avons eu la chance d’avoir une journée de neige sur notre parcours pour blanchir les sommets avoisinant.

En l’occurrence, aujourd’hui tout le paysage est bien blanchi par une petite couche de neige qui tient bien parterre. On ne restera pas assez longtemps pour voir ce qu’il se passera plus tard dans la journée puisqu’on redescend après une petite demi-heure de route en « altitude ». Et en descendant on retrouve également un peu de visibilité sur le paysage.

A mi-chemin de notre destination du jour, on arrive à Lom, première « vraie » ville qu’on croise depuis un moment. On s’arrête donc pour refaire le plein du frigo qui est tristement vide. On visite également une autre église en bois debout, oui encore une mais celle-là n’était pas prévue, on est tombé dessus un peu par hasard.

De mon côté je me contente de l’extérieur, Céline elle, emmène les enfants à l’intérieur qui voulaient rentrer. Pas de bol elle tombe sur une visite guidée à peine compréhensible. Les enfants sont désespérés, d’autant que toute la « conférence » se passe assise sur les bancs de l’église. Du coup, au bout de 20 minutes ils sortent discrètement en abandonnant le guide à son auditoire sans avoir réellement pu visiter l’église.

Finalement après quelques magasins on repart de Lom à l’heure où nous pensions être à Geiranger. Tant pis, pour une fois on a pris notre temps. 

On repart pour notre destination finale via un arrêt déjeuner sur le bord d’un lac (difficile de faire autrement ici !) et une pause au Dalsnibba Mountain Plateau.

Ce point culminant à 1500 mètres d’altitude qui est accessible par une route à péage (comme c’est souvent le cas pour les principaux points d’intérêts en Norvège), permet d’avoir une vue sur la baie de Geiranger qui, au moment où nous y étions, accueillait 2 énormes bateaux de croisière. 

Cette micro ville est même totalement tournée autour de ces bateaux de croisière puisqu’on verra plus tard en essayant de louer des kayaks que pour 4 cela coute 200€ !! Tout est fait pour alléger le portefeuille du croisiériste et par dommage collatéral, toute personne venant dans cette ville.

En tout cas, la vue sur la vallée est vraiment belle. D’un côté on peut apercevoir le glacier voisin, de l’autre la baie de Geiranger et entre les deux une magnifique route en lacets. On n’est pas encore sur la route des trolls, même si on s’en rapproche tant par la distance que par la physionomie de la route.

Après une petite demie heure de contemplation dans un froid polaire, on redescend pour enfin arriver sur les bords du fjord Sunnylvsfjorden (le plus beau de Norvège… j’arrête mes remarques désagréables mais à un moment il va falloir que les guides se mettent d’accord !). On a repris un camping aujourd’hui pour faire la lessive. Normalement c’est la dernière des vacances.

Le camping n’a aucun intérêt à part d’être sur les bords du fjord… et d’avoir une laverie. Ça permet de regarder les énorme bateaux de croisière partir et d’attendre un lendemain plus dans la nature.

Bilan du jour : 200km – 4h20 de route