Jour 5 : Madaba – Wadi Moussa

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Après une préparation rapide, on rejoint le restaurant de l’hôtel pour le petit déjeuner. Et là c’est la grosse surprise… plusieurs tablées en train de petit-déjeuner pour un total de plus de 40 randonneurs Allibert !

Ça explique pourquoi hier on a rencontré un couple de vieux grincheux et une probable retraitée de l’éducation nationale mais qu’ils n’étaient pas avec nous. Il y a 4 ou 5 groupes qui partent d’ici aujourd’hui.

On fait donc la rencontre de Mireille notre guide suisse ainsi que du reste du groupe : Annett et Richard, Nicolas dit choukranou bleu et Mohamed. Un petit groupe de 6 mais :

  1. Qui ne contient ni les vieux grincheux, ni l’ancienne instit
  2. Avec des jeunes et des célibataires, ça permet de mettre un peu plus d’ambiance

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On monte tous ensemble dans notre van privatisé pour rejoindre Dana en longeant la mer morte. Non, Il n’y a aucun rapport avec la vallée ! Merci à ma femme d’avoir chanté ce chef d’œuvre toutes les vacances !!

Le trajet initial empruntait la route des rois mais un éboulis la veille la rend impraticable. C’est l’occasion de faire quelques photos à différents points de vue sur la mer morte, normalement absente de notre circuit

Avant d’arriver à notre pause pique-nique, on remonte en altitude de -400 mètres à +260 mètres à travers la montagne de grès clair. Le paysage ressemble assez à celui d’Artist road, les couleurs en moins. C’est vraiment joli et ça rappelle de bons souvenirs.

DSC_5925Ca y est, ça commence… Vous le sentez ? Le retour à la nature s’amorce. L’immersion au milieu de ces paysages grandioses me fait un bien fou.

La pause du midi n’a que peu d’intérêt, tant côté gastronomique que pour le lieu puisqu’on s’enferme dans une auberge où Allibert passe avec d’autres groupes. Résultat on manque un repas où nous aurions pu profiter pleinement et longuement d’une vue géniale.

Tant pis, on repart en récupérant la route des rois pour rejoindre Wadi Moussa, lieu de couchage des 3 prochaines nuits. Mais avant d’arriver à destination, on s’arrête à la petite Pétra où l’on peut commencer à appréhender le travail extraordinaire des Nabatéens.

On entre sur le site avec une lumière parfaite. Elle est assez descendue pour faire ressortir tous les contrastes et réchauffer le gré couleur sable, ocre ou rose, selon là où se posent nos yeux.

Première « clairière » et déjà apparaît une façade sculptée intégralement dans la roche. Un travail dément pour un rendu… naturel. L’intégration est simplement parfaite. En contemplant l’ouvrage, je me dis juste : « bah oui, c’est là et c’est normal » !

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Petite balade entre 2 grandes falaises où se succèdent les différents espaces sculptés entrecoupés d’une multitude d’alcôves dessinées par la nature elle-même.

On est seul à partager ce moment privilégié. C’est beau, calme, reposant…. Ça annonce une journée de demain riche en émotions.

On rejoint notre van en 2 heures de marche à travers les cailloux et le sable, toujours à proximité des montages.

2 heures à contempler la lumière qui s’amuse avec la multitude de teintes du gré jusqu’à ce que le soleil nous offre son premier coucher coloré des vacances.

Comme ça fait du bien d’être là !

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On rejoint notre hôtel refait à neuf au printemps mais terriblement vide, nous sommes seuls. La chambre est super, malgré des néons bleus autour d’un lit super confortable. Par contre le resto est très décevant. 2 repas et déjà 2 déceptions alors qu’on mangeait si bien à Aqaba.

A 20 heures, tout le monde se dit bonne nuit pour aller se coucher. Il faut dire que certains ont fait le voyage la veille et que pour tout le monde la nuit a été courte… très courte.

 Jordanie J5


Jour 6 : Pétra (9h de marche)

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Aujourd’hui c’est le grand jour, on va découvrir le Trésor de Pétra. Rendue célèbre dans le monde entier par Steven Spielberg et Harisson Ford dans le légendaire Indiana Jones et la dernière croisade, nos jambes fourmillent d’impatience à l’idée de découvrir notre 3ème nouvelle merveille du monde.

Avant d’y accéder, on emprunte un chemin d’1,2km passant en grande partie dans un canyon (le Siq), coincé entre 2 énormes parois de plusieurs dizaines de mètres de hauteur et dont la largeur varie de 3 à 11 mètres.

Une entrée progressive nous permettant de nous préparer à ce qui va suivre. Le guide local qui nous accompagne jusqu’au Trésor est très intéressant et nous narre l’histoire du site et des Nabatéens.

Puis arrive le moment où le temple se dessine entre 2 parois presque jointes du canyon.

La tension monte. Je suis partagé entre l’envie de courir pour arriver au plus vite et celle de profiter encore un peu de ce moment… Il n’y a qu’une seule première impression… qu’une seule première découverte ! On s’approche, lentement et l’immense façade entièrement façonnée à la main à une époque des plus lointaines finit enfin par se dévoiler entièrement.

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Le moment est idéal. On profite de la paire d’heures du matin où les rayons du soleil viennent la caresser. C’est impressionnant… mais pas émouvant. Bien sûr c’est un site magnifique qui en dit long sur le génie des Nabatéens mais on n’est pas aussi émus qu’on a pu l’être devant le Corcovado ou le Grand Canyon par exemple (et je ne parle même pas de la chapelle sixtine pour Céline).

On en attendait trop ? Il y a trop de monde sur place ? On a trop vu de photos ? Sûrement un peu de tout ça, mais pas que. Il manque un petit je ne sais quoi…

On n’aura pas beaucoup de temps pour profiter du lieu, Mireille nous rassemble pour déjà repartir… Comment peut-on venir ici et ne rester que 10 minutes devant ce mythe qui a bercé mon enfance ?

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A contre cœur j’abandonne la contemplation pour continuer la balade du jour.

On poursuit encore un peu dans le canyon ce qui nous permet de profiter des couleurs extraordinaires du grès : Ocre, jaune, blanc, rose, noir… c’est splendide.

La suite se fait à ciel ouvert où il y a encore beaucoup d’autres tombeaux et espaces sculptés à même la montagne. Pour moi Pétra s’arrêtait au Trésor… loin de là ! Ce sont des dizaines de tombeaux de rois et des centaines d’abris qui structurent les falaises.

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Après une pause thé où Céline en profite pour se faire poser du Khôl (maquillage permettant de souligner le tour de l’œil), on attaque la montée. Enfin un peu d’exercice.

On escalade la montagne, tantôt entre les parois, tantôt sur les rochers, en direction du sommet. On entrecoupe la montée de pauses photos et surtout de contemplation du paysage.

On a transmis à Mohamed ma collection de photos de moi prisent au-dessus du vide. Du coup Céline double toutes les photos ;o)

Arrivée au sommet, Mireille nous fait une mise en scène : Suivez-moi, regardez par terre et quand je vous le dis vous pourrez regarder… Mais pourquoi ces mystères ? On n’est plus des enfants ! Et puis on sait déjà ce qu’elle cache, Céline a triché en allant voir sur un aplomb.

On arrive après quelques dizaines de mètres en surplomb du Trésor… on a une très belle vue dégagée et sans touriste, ce qui ne gâche rien. C’est beau, mais une fois de plus on n’a pas le temps de s’imprégner des lieux qu’il faut déjà repartir.

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On fait demi-tour et on amorce la descente par l’escalier processionnaire. Petite pause pique-nique (qui a toujours aussi peu d’intérêt) et on redescend voir d’autre tombeaux dont l’un est absolument magnifique. Malheureusement il est moins bien conservé que le Trésor.

On arrive au bout de la rando du jour. Pour rentrer 2 possibilités : Retour par le Trésor, tentant pour y repasser du temps ou alors une rando. Mireille ne nous vend pas vraiment la rando mais un peu de marche (sans piétiner) ça va nous faire du bien. A l’unanimité on choisit la rando.

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2h de marche supplémentaire dans des paysages très beaux et loin de la foule de touristes. L’occasion de parler un peu plus entre nous pour se connaître un peu mieux.

Retour à l’hôtel pour la douche et le repas du soir qui sera rapide puisqu’on a décidé, encore contre l’avis de Mireille, d’aller à la visite nocturne du Trésor éclairé aux lampions.

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On emprunte exactement le même trajet que de jour. La procession commence avec tous les fidèles venus admirer le spectacle et on égraine le chapelet de lampions dans un silence quasi religieux.

Les ombres flottent autour de nous. L’ambiance est superbe et on profite de chaque instant des 1200 mètres menant au Trésor. L’arrivée sur le site se fait attendre. On guette chaque virage en se demandant si c’est le dernier jusqu’à ce qu’une auréole de lumière laisse le Trésor se dessiner.

On arrive sur l’esplanade recouverte d’une centaine de lampions. Tout l’espace entre les falaises est baigné de lumière. C’est assez magique il faut bien le dire.

Le spectacle commence… joueur de flûte, chanteur et petite scénette qu’on n’a pas bien comprise avant que les spot rouges fassent apparaître un peu plus la façade du Trésor sur fond de Carmina Burana… un grand moment.

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45 minutes et un thé plus tard on reprend quelques photos et le chemin du retour. Encore 30 minutes pour profiter de cette ambiance en remontant le Siq sur un air de d’opéra que Nicolas a filmé en fan ultime qu’il est !

On nous avait un peu déconseillé d’y aller. C’est vrai que ce n’est pas donné mais on n’a aucun regret… c’était une très belle soirée, en groupe, puisque nous étions tous les 6… un très bon groupe.


Jour 7 : Pétra (8h de marche)

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2ème journée dans Pétra. Je me demande si cela vaut vraiment le coût. Est-ce qu’on n’a pas déjà fait le tour hier en voyant énormément de monuments Nabatéens ? On verra bien !

Le van de l’hôtel nous dépose là où nous avions terminé la randonnée dans little Petra. Ca s’annonce mal. Est-ce qu’on ne va pas tourner en rond pour voir et revoir les mêmes choses… les vacances sont trop courtes pour cela et le pays trop riche.

C’est parti ! On part à l’opposé de ce que nous avions fait il y a 2 jours pour emprunter un chemin d’escaliers construit à fleur de falaise. La vue sur la chaîne des montagnes est géniale, le chemin très agréable. Les escaliers laissent place à un sentier à peine accessible à certains endroits. On ne fait qu’un avec la nature environnante.

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Après peut-être 2 heures de marche (difficile de se faire une idée sans montre), on débouche sur un nouveau mausolée. Inattendu, grandiose et dans un état de conservation apparent incroyable au vu de son exposition aux éléments.

Je ne m’attendais pas à retrouver une façade aussi somptueuse ici. Elle ne lui manque pas grand-chose pour rivaliser avec le Trésor. Elle a l’avantage d’avoir un recul important devant elle, nous permettant d’en mesurer toute sa prestance… une très belle découverte, d’autant plus que je ne m’y attendais pas !

En plus la marche pour y accéder était superbe et l’arrivée permet de découvrir le monastère (son petit nom) dans sa globalité contrairement à l’escalier principal qui arrive à son pied et sans recul. On en profite bien avant de redescendre par le grand escalier nous ramenant dans le site principal de Pétra.

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Le déjeuner nous conduit chez l’un des derniers Bédouin du site de Pétra, un irréductible qui refuse de quitter la réserve pour le village créé spécialement pour eux un peu plus loin. On profite de ses tables et de son jardin pour pique-niquer contre un verre de thé.

En même temps, quand je vois la vue qu’il a sur les montagnes dans son petit coin isolé du reste du site, je ne peux que comprendre son acharnement à rester. Et pour ne rien gâcher, il est très accueillant.

On repart par le chemin le plus long qui nous élève encore un peu plus au-dessus de l’ancienne ville de Pétra. Il faut dire que le niveau du groupe est plutôt bon et homogène donc on choisit toujours de rallonger le trajet à la simplicité.

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On retournera jusqu’au Trésor en contournant le passage de la veille. Loin des touristes de la foule et du bruit on profite d’un sentier encore et toujours constitué d’escaliers.

Je ne me lasse pas des paysages qui nous entourent. Décidément ce site est magnifique et beaucoup plus riche et dense que je ne l’imaginais. 2 jours dans Pétra ce n’est pas de trop. Au contraire, je pense que c’est parfait pour en profiter sans être frustré ou ennuyé.

Un dernier au revoir au Trésor avant d’aller boire un coup tous ensemble au pub avec comme seule mission de trouver une Petra Beer ! A défaut d’avoir une bière de voyage dans ce pays sans alcool, on veut tout de même en ramener une. Quoi de mieux que la bière de Pétra !

 

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Un bon moment qui permet de souder encore un peu plus le groupe. La soudure a tellement prise qu’on repart du bar avec 3 nouvelles bières dans le sac pour faire un after avec Mohamed et Nicolas à l’hôtel. Ce soir, pas question d’aller se coucher à 20h.

Retour à l’hôtel pour se doucher, manger, prendre un nouvel apéro (oui après manger !) puis direction le centre de Wadi-Moussa pour trouver un bar à chicha. Annett et Richard nous ont rejoints et on se trouve un petit bar sympa avec projection de la Champions League. Que des hommes bien sûr, une ambiance bon enfant.

On passera une super soirée en discutant avec quelques locaux très intéressés par notre venue. Belle ouverture. L’un d’entre eux fera même une déclaration à Nicolas : « Je t’aime », traduction un peu trop littérale de « I like you » alors qu’il voulait juste lui dire qu’il l’aimait bien parce qu’il avait une bonne tête.

Excellente soirée dont le prix à payer sera une courte nuit, coucher à 1h00… Mais que c’était bien d’être parmi les Jordaniens et d’assister à une soirée comme celle-là !


Jour 8 : Wadi Moussa – Wadi Rum (3h30 de marche)

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Le désert ! Ca y est, nous y voilà. Sans dire qu’on venait pour ça, c’est tout de même avec beaucoup d’impatience qu’on attendait d’y retourner. Vivre dehors, marcher toute la journée, faire la sieste le midi pendant les heures chaudes, prendre son temps… bref, le désert !

On décolle de l’hôtel vers 8h. On a un peu moins de 2 heures de route pour rejoindre la porte du désert et entamer notre trek. On emprunte en partie la route des rois. C’est toujours aussi magnifique. On se trouve assez haut pour dominer toute la chaîne de montagne. Encore un beau spectacle, un amuse-bouche avant le Wadi Rum.

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Arrivé sur place on transfert nos sacs dans un 4×4… A notre grand désespoir il n’y aura pas de chameaux avec nous. C’est dommage, ça fait aussi partie de la coupure avec le monde.

Yalla ! c’est parti avec Hamdan, notre guide bédouin et une dizaine de 4×4 chargés de 2 bus complets de vieux venus faire une promenade… tout ce que j’aime !

Heureusement, on les abandonne très vite pour s’enfoncer dans les montagnes. Lentement, derrière tout le monde, je savoure ces 2h de randonnées. On est seul… je suis seul même, 50 mètres derrière le groupe. Au calme, pratiquement dans le silence. C’est mon moment, je me repose. Mieux, je me ressource. Je suis bien ici. Je suis complet et à ma place… Je suis à ma place…

Étrange de dire cela mais tout le reste de la journée ne fera que confirmer cette pensée.

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On fera notre pause du midi le long de la montagne, enrobée par son ombre rafraîchissante. Le thé nous attend bien sûr, ainsi que Saoud, notre cuisinier. On aura le droit à une courte sieste de 45 min… Tout est plus petit dans ce désert, même la traditionnelle pause du midi. Il faut dire qu’il ne fait pas trop chaud pour marcher et que la nuit tombe vers 16h30. Ça raccourcit les après-midis.

Etrangement, pas de sieste pour moi, pas envie ! J’ai repéré une petite plate-forme au soleil, à 10 mètres de hauteur. J’y grimpe pour aller écrire mon journal. La chaleur du soleil fait du bien. La vue sur les montagnes et le sable du désert m’inspirent.

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La pause file vite, on repart pour l’après-midi. Il est déjà 14h passé, ça veut dire qu’on ne marchera pas longtemps.

Je passe une grande partie du temps avec Mohamed pendant que Céline discute avec notre guide en anglais. 1heure 30 de marche, ou 20 minutes… c’est pareil ! On arrive déjà au bivouac. J’en n’ai pas assez. Je ne suis pas rassasié. J’en veux beaucoup plus mais le soleil commence déjà à nous abandonner.

Alors qu’il s’éclipse derrière la montagne, Céline décide d’aller profiter de ses derniers rayons de l’autre côté de la plaine. Pas le temps de s’arrêter, on repart tous les deux pendant que les autres commencent à s’installer.

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Elle court sur la fin avant qu’il ne soit trop tard. Je préfère m’arrêter à mi-chemin pour profiter du spectacle. Tranquillement assis dans le sable, les yeux ouverts sur le tableau qui m’est offert. Les rayons de soleil décroissent sur les montagnes les drapant d’un rouge rosé. Au fond, d’autres montagnes et le désert peints dans des couleurs très douces, le tout lissé par une très légère brume. Et dire que pendant ce temps il y en a qui sont à Paris en train de bosser !

Céline me rejoint et on termine le spectacle ensemble. Pourrait-on être mieux, qu’ici, en ce moment, enlacés l’un à l’autre ? Il ne manque que Pierre et Jeanne à côté… mais il faudrait qu’ils gardent le silence et je ne suis pas sûr que cela soit possible ;o)

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A 17h30, il fait déjà nuit noir. La soirée promet d’être courte.

On prend l’apéro. Mireille nous offre de l’Arak, un alcool local ressemblant au Ouzo ou au Pastis (mais en moins bon je trouve).

S’en suivra un repas très bien préparé qu’on partagera avec le chef du tour operator bédouin avec qui on passe pour la visite du Wadi-Rum. On aura même un peu de musique arabe. Un peu anachronique dans le désert (pour moi) mais c’est l’avantage d’avoir un 4×4 avec nous.

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A 20h les premiers vont au lit. Ne restent que Mohamed et Céline qui lisent un peu pendant que j’écris quelques lignes encore perché à quelques mètres de hauteur en les surplombant. Ces montagnes sont couvertes de petites cavités et plate-formes qui n’appellent qu’à être escaladées. Je sens que je vais encore me faire plaisir pendant les 2 prochains jours.

Il est temps de redescendre de mon perchoir pour aller me coucher. On va essayer de dormir dehors. J’espère qu’il n’y aura pas trop de vent cette nuit parce qu’il ne fait pas très chaud.

Jordanie J8


Jour 9 : Wadi Rum (5h45 de marche)

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Hamdam, notre guide dans le désert

 

C’était un peu frais cette nuit ! Il devait faire à peine 15°C mais surtout le vent s’est levé un peu avant l’aube. Il a eu raison de moi, je suis retourné à l’abri sous la tente pendant que Céline dormait bien emmitouflée dans son duvet en mode « popples ».

Le lever s’est fait tôt, comme toujours dans le désert. A 6h30 on était tous debout prêts à profiter d’un copieux petit déjeuner. On aura bien profité de ce début de matinée puisqu’on ne décolle qu’à 8h15.

On reprend la route, au sens propre du terme pour ne plus la quitter, ou sporadiquement, jusqu’au soir. Ce trek aurait pu s’appeler « sur les traces des jeep du Wadi Rum ». Allibert nous avait habitués à mieux avec des sentiers toujours à l’écart des routes et des autres chemins de randonnées.

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Pour autant, la matinée fut agréable. Un peu moins de 4 heures de marche avec l’ascension d’une dune qui n’était pas sans rappeler celle de Merzouga. En arrivant au loin, on aperçoit un groupe de touristes. Nicolas s’est mis en tête de franchir le sommet en premier. Un peu en retrait, je l’ai vu partir en courant. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre ce qu’il voulait. Il a vaillamment lutté mais n’arrivera finalement qu’en 3ème position.

Petite photo de groupe au sommet et on repart à la recherche de Saoud, notre cuisinier, pour le déjeuner.

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Descente de la dune en mode « Royal Canin »

En chemin on aura encore des panoramas magiques. J’ai particulièrement en tête une grande plaine bordée de montagnes ocres avec des dunes rouges à leur pied, le tout sur fond de ciel bleu intense… Des paysages de cinéma. Envoûtant !

D’ailleurs, en parlant de cinéma on est passé devant la maison qu’occupait Lawence d’Arabie lorsqu’il était dans le Wadi Rum. Il va falloir regarder le film pour en découvrir un peu plus sur ce personnage que je ne connais pas.

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La pause du midi se fait aux pieds des falaises, à l’ombre, encore, et donc dans le froid. Guère plus de 16°C avec un petit vent désagréable alors que le thermomètre atteint allègrement les 26°C au soleil.

La traditionnelle sieste au soleil précédera le départ pour les 2 heures de marche de l’après-midi. Rien de folichon au programme. A l’image d’hier, la matinée était bien plus intéressante. Je commence à avoir l’impression qu’on tourne en rond dans ce désert. J’ai le sentiment qu’on fait le tour des montagnes pour rallonger la marche.

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Le désert du Wadi Rum est magnifique, c’est un fait mais il est petit. Je trouve cette sensation désagréable.

Le lieu du bivouac est superbe. Adossé à la falaise, on a une vue dégagée sur la chaîne de montagnes avec une lune cachée de l’autre côté de nous. Un terrain idéal pour une soirée rythmée de chansons de tous styles et de toutes époques orchestrées par Mohamed.

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Il faut dire qu’on avait appris dans la journée qu’il avait fait la finale de graine de star… on ne pouvait pas manquer de le mettre à contribution pour la soirée. Surtout pas Nicolas, infatigable, qui l’a alimenté de titres de morceaux à chanter sans interruption.

Pendant la soirée on a eu la visite d’un guide local qui est venu avec une hollandaise. Ils se sont arrêtés avec leur 4×4, ont discuté 1 minute avec Hamdan et sont venus s’asseoir avec nous pour manger et passer la soirée… Etrange ! Aucune explication. On ne savait pas pourquoi ils étaient là…

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Ce soir il fait plus froid. Je me prépare à éteindre la frontale pour aller dormir dans la tente. Cette nuit je ne succomberai pas à l’appel de la voie lactée, il y a trop de vent. Dommage, le site est beau et le ciel dégagé, prometteur lorsque la lune sera couchée.